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« J’ai modernisé mon séchage en grange »

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Ancien producteur de lait, Philippe Chatain (à g.), ici en compagnie de Didier Cathalan, technicien des filières ovines à la chambre d’agriculture de Haute-Loire et animateur de l’OS noire du Velay, élève aujourd’hui 200 brebis de la race. © Monique Roque Marmeys

Philippe Chatain a fait doubler la charpente métallique d’un bâtiment afin d’équiper son installation de séchage de foin d’une griffe.

À la tête de 200 brebis sélectionnées noires du Velay à Riotord (Haute-Loire), Philippe Chatain est un « pro » de la reconversion de bâtiments. Une expérience qui démarre en 2007, lorsqu’il décide de vendre ses vaches brunes pour installer un troupeau d’ovins sur ses 50 ha de prairies permanentes, exploitées entre 870 et 980 m d’altitude. « Avec une production de 125 000 l de lait, je n’avais pas les moyens de réaliser la mise aux normes, ni de construire un bâtiment neuf », commente l’éleveur, dont le choix porte naturellement sur la race ovine locale, rustique et facile à désaisonner.

Pour accueillir les 220 premières brebis et agnelles, il transforme une étable entravée de 39 places en une bergerie. Pour ce faire, il casse les mangeoires et aménage un couloir de circulation et de distribution qui fait le tour du bâtiment. La fumière, située dans le prolongement de l’ancienne étable, est également modifiée. L’éleveur la rallonge de 6 m pour disposer d’une longueur de mangeoire centrale de 17 m de long. Cinquante-deux places de cornadis sont aménagées de chaque côté. Ce bâtiment accueille cent animaux répartis en quatre lots (brebis en lutte, agnelles et deux de brebis en début de gestation).

Le troupeau, aujourd’hui composé de 200 mères et 50 agnelles, est conduit en trois agnelages en deux ans. Philippe Chatain a gardé de son passé d’éleveur laitier le savoir-faire d’une production à partir de fourrages de qualité. « Une brebis allaitante qui nourrit son agneau avec son lait, c’est autant de concentrés économisés. » Quant à l’autonomie fourragère, elle passe par un système de conservation du foin préservant au mieux sa qualité. « Mon père a installé le premier séchage en grange du secteur en 1968. C’était un ventilateur et un tuyau de distribution qui exigeait beaucoup de manutention. Nous avons ensuite aménagé un rail télescopique et un deuxième ventilateur. »

Charpente en bois

Pour moderniser cette installation, l’éleveur choisit de l’équiper d’une griffe en 2017. « Nous devions résoudre le problème de la charpente métallique de la grange, peu fiable pour supporter le poids de la cabine et de la griffe, explique Philippe, qui fait appel au charpentier de son village. L’entreprise Construction Bois Maurin relève le défi et élève une nouvelle charpente en bois intra-muros au plus près de celle existante pour ne pas perdre de hauteur utile. La structure est assemblée par demi-ferme. Le chantier prend trois semaines à quatre artisans, aidés par Philippe. Son coût s’élève à 35 000 €, auxquels il faut ajouter 20 000 € pour la griffe.

« Je suis très satisfait du résultat, commente l’éleveur. J’ai pu entièrement transformer les bâtiments existants. Bien que relativement peu fréquent en brebis viande, le séchage en grange trouve sa place dans mon système en me facilitant la récolte et la distribution d’un foin d’excellente qualité. »

Monique Roque Marmeys

Deux cents jours de stocks fourragers

Avec un hivernage du 1er novembre au 25 avril, les besoins du troupeau sont de 90 à 100 tonnes de fourrages. Philippe Chatain est autonome avec une récolte comprise entre 130 et 140 t. Les achats extérieurs portent sur la paille de litière, 25 t d’orge et 22 t de concentrés pour les agneaux. En 2018, 230 agneaux ont été vendus en label rouge (Adret et Terroir du Sud) et 93 agnelles pour la reproduction.

L’éleveur a fait construire une charpente en bois à l’intérieur de la grange existante, pourvue d’une charpente métallique.
L’ancienne fumière a été rallongée. Elle est équipée d’un couloir d’alimentation central et de 104 places au cornadis.
Le foin est poussé de la grange à la bergerie par des trappes situées au-dessus du couloir de distribution, aménagé tout autour de la bergerie.
En installant une cabine et une griffe, l’éleveur a modernisé son installation de séchage et a gagné en temps et en confort de travail.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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