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« J’ai dû changer mes plans »

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Zone.L’accès à la zone d’élevage (bâtiments et parcs) et à la zone professionnelle est sévèrement restreint. © Plan de Jacky Canteneur, d’après Google Maps

Pour répondre aux contraintes liées à la biosécurité, Jacky Canteneur, éleveur de volaille en Moselle, met en place huit petits bâtiments, au lieu d’un seul grand initialement prévu.

«Cela s’est joué à un mois près. Sans la formation que j’ai suivie à la chambre d’agriculture de la Moselle (voir encadré), je serais parti sur un seul bâtiment pour toutes mes volailles. Or je n’aurais pas du tout été dans les clous vis-à-vis des normes de biosécurité qui sont désormais imposées. J’ai revu toute ma stratégie. Je vais installer huit bâtiments de 15 m2, des structures légères en kit, avec des parcs attenants de 40 ares chacun. » Cinq seront en place ce printemps.

Jacky Canteneur exploite 120 ha de céréales à Conthil (Moselle). Il y a quatre ans, il a démarré un atelier de volailles en plein air pour valoriser ses céréales sans investir trop. Il souhaitait également développer une activité qu’il puisse gérer de bout en bout, de la production à la commercialisation. Il écoule l’ensemble de sa production en vente directe. Initialement de 500 animaux par an, elle est montée à 2 500, fin 2017. Avec les nouveaux bâtiments, l’éleveur envisage de monter à 6 000. Sont produites uniquement des volailles de chair : poulets, pintades, chapons, poulardes. « En raison du plan de maîtrise sanitaire, j’ai dû arrêter les palmipèdes car il n’est plus possible d’avoir plusieurs espèces dans un seul bâtiment », explique-t-il.

Les nouvelles normes de biosécurité prévoient notamment l’instauration de trois zones distinctes : un espace public, un espace professionnel dédié aux personnes habilitées (éleveur, vétérinaire, technicien…), et l’espace d’élevage. Pour pouvoir y accéder, les camions de livraison doivent être au préalable lavés et désinfectés. D’une zone à l’autre, il faut changer de chaussures et se laver les mains.

Signalétique sur le sas

Pour se conformer à ses nouvelles obligations, Jacky va installer deux sas de 3 m2 chacun (voir plan). Il lui en faut deux, du fait de la circulation liée aux vides sanitaires. Comme il n’y aura pas d’arrivée d’eau, il mettra un distributeur de gel désinfectant. Les règles de biosécurité prévoient aussi d’autres mesures : marquage au sol, signalétique sur le sas, enregistrement de tous les mouvements d’animaux dans un cahier dédié… « Certaines sont très contraignantes au regard du nombre d’animaux, note Jacky. Dans mon cas, la complexité des mesures tient à la mise en place des différents espaces. Ici, nous ne sommes pas dans des zones à très forte densité d’élevage comme dans le Sud-Ouest. En revanche, nous sommes sur des couloirs de migration. Il s’agit de prévention collective, il faut jouer le jeu ! »

Dominique Péronne
Processus. « La formation m’a permis de faire le point sur mes méthodes de travail, y compris lors de l’abattage », explique Jacky Canteneur. © D. Péronne
L’experte
« Un temps de réflexion sur ses pratiques » Clotilde Girard, conseillère à la chambre d’agriculture de la Moselle

« La chambre d’agriculture de la Moselle a organisé quatre journées de formation à l’intention des éleveurs de volailles, entre février et juin 2017. Étaient surtout présents des producteurs en circuit court – ceux en filières classiques ayant été formés par les entreprises clientes. La formation leur a permis de prendre conscience des risques en matière sanitaire. Si, dans nos régions, nous avons été peu concernés par la grippe aviaire, le risque “salmonelles” préoccupe grandement les éleveurs. La journée de formation permet un temps d’arrêt sur leurs pratiques, car une fois prises, certaines habitudes de travail sont difficiles à remettre en cause. Concernant la mise en place du plan de biosécurité, la difficulté majeure pour les petits éleveurs est l’organisation des zones publiques et professionnelles. »

Plus d'infos sur le sujet

Coût
Surcoût estimé des mesures liées à la biosécurité :

1 000 €

Ce montant est néanmoins limité grâce à une part importante d’autoconstruction.

Jacky Canteneur estime que ce coût aurait été de

5 000 à 7 000 € s’il avait dû acheter des sas tout équipés.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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