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« J’ai choisi le veau de grain pour une astreinte modérée »

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Espace. © Photos : V. Scarlakens

À raison de trois heures de travail quotidien, l’atelier veau engendre la moitié du revenu du Gaec Vodevi, à Saint-Agnan, en Saône-et-Loire.

Nicolas Villard s’est installé en 2014 sur l’exploitation familiale de 140 hectares à Saint-Agnan, en Saône-et-Loire. « Je n’ai trouvé que 50 ha de terrain, au lieu des 100 ha requis pour envisager une augmentation suffisante du troupeau de 105 charolaises, raconte-t-il. Il m’a donc fallu monter un atelier complémentaire à celui des broutards. Le veau en intégration répondait à mes attentes. Je me suis orienté sur le veau de grain, un peu moins contraignant que le veau de boucherie classique. » Nicolas et Jean-Marc et Annick, ses parents, ont investi 300 000 euros dans une nurserie et un bâtiment de finition de 200 places chacun.

Les petits veaux, à 75 % des prim’holsteins, sont mis en place à l’âge de trois semaines. La sélection s’oriente plutôt vers des sujets lourds, de 55 à 58 kg. Le sevrage s’effectue au bout de quarante jours de présence. « Trois jours après l’arrivée des veaux, nous mettons de l’alimentation solide à leur disposition, détaille Nicolas. Lorsqu’ils en ingèrent 2 kg quotidiennement, nous arrêtons l’alimentation liquide. »

En fin d’engraissement, la quantité d’aliment solide atteint 10 kg par jour, auxquels s’ajoute de la paille à volonté. Le temps d’astreinte passe de quatre heures par jour à trois associés, la première semaine, à une heure et demie à une personne seule, après le sevrage. L’aliment complet à 16 % de protéines est distribué le matin uniquement. Il se compose de deux tiers de maïs grain français, complété par différents tourteaux, son de blé, drèches et oligoéléments. « La ration étant relativement acidogène, 50 g d’un aliment minéral à fort pouvoir tampon y est ajouté », indique Laurent Pignard, technicien chez Vitagro.

Des veaux très réguliers

Le taux de mortalité approche des 4,5 %. « Les maladies respiratoires et les diarrhées emportent quelques animaux dans les premières semaines, explique Nicolas. Le sevrage est aussi un moment à risque, certains ne passent pas le cap. » À leur arrivée, les veaux sont vaccinés contre la BVD et la teigne. Un antibiotique à large spectre est ajouté dans l’aliment liquide durant les cinq premiers jours. Par la suite, le recours aux médicaments vétérinaires se fait au cas par cas.

Vers sept mois d’âge, après vingt-six semaines en élevage, les veaux de grain atteignent entre 160 et 175 kg de carcasse. Ils gagnent quotidiennement 1,33 kg vif, contre 1,2 kg pour les veaux de boucherie non sevrés. « Leurs carcasses sont beaucoup plus régulières, se félicite Laurent Lignard. Après plusieurs tests, nous avons fixé la formule de l’aliment solide, et nous nous y tenons depuis plusieurs années. »

Valérie Scarlakens
©
Un veau à destination du marché de la restauration

Vitagro a amorcé le projet « Veau de grain » en 2004. Le but était de conquérir les marchés de la restauration collective et commerciale, en abaissant le coût de revient de la viande. « Les veaux hollandais à bas prix dominent ce marché, explique Renaud Giraud, directeur opérationnel filière veau de Soviber. Notre veau est en moyenne 0,40 € plus cher au kg de carcasse, mais nous apportons de vraies garanties de qualité. Nous interdisons notamment l’ensilage, auquel ont largement recours les Pays-Bas. » Pour certifier ces qualités, un travail de segmentation a été entrepris en 2015-2016. Une marque commerciale « Veau de grain », associée à un cahier des charges, a été déposée. Des tests organoleptiques et nutritionnels ont révélé que « la viande est plus rosée, goûteuse et juteuse, rapporte Renaud Giraud. Elle est également plus riche en fer que celle de veau classique (13,8 contre 5,7 mg/100 g). »

La filière Veau de grain

45 éleveurs

Une filière portée par Vitagro, filiale veau du groupe Sicarev, et Soviber, filiale d’abattage et de commercialisation.

Production hebdomadaire :  2010 : 90 veaux   2013 : 200 veaux  2017 : 250 veaux

La filière ne cherche pas, pour le moment, à augmenter ses volumes.

Rémunération : Contrairement au veau de boucherie classique, le facteur gain de poids est le seul critère technique entrant en compte dans le paiement de l’éleveur.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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