Le souvenir reste douloureux. Pendant l’hiver 2016-2017, le sud-ouest de la France a été touché par un épisode important d’influenza aviaire hautement pathogène. « Cette épizootie sans précédent était due au virus H5N8, introduit en Europe par des oiseaux sauvages migrateurs : 484 foyers ont été détectés, pour 80 % des cas dans des élevages de palmipèdes », rappelle Mathilde Paul, chercheuse au laboratoire Interactions hôtes agents pathogènes (IHAP) de l’Inra et de l’école nationale vétérinaire de Toulouse.

Vents dominants

Pour comprendre la dynamique de dissémination de l’influenza aviaire, les chercheurs de l’unité IHAP ont analysé le développement des foyers de contamination dans le temps et l’espace. Entre novembre 2016 et janvier 2017, le virus s’est d’abord propagé « à une vitesse homogène d’environ 5 kilomètres par semaine ». Puis sa diffusion s’est accélérée à compter de février 2017, « dépassant 10 kilomètres par semaine dans le département des Landes ».

Le transport des particules virales par les vents dominants pourrait en partie expliquer cette évolution. « Début février 2017, trois tempêtes ont balayé le Sud-Ouest. Cela correspond à la période à laquelle nous avons observé une propagation plus rapide », observe Mathilde Paul.

Pour vérifier cette hypothèse, un modèle de dispersion du virus, « adapté à la taille des particules virales de 80 à 120 nanomètres », a été mis au point par Météo-France. Il a notamment permis d’identifier « des ponts communs aux situations à fort risque d’infections, comme la présence de zones humides pouvant servir de refuges aux oiseaux sauvages ». Mais la voie aérienne ne suffit pas à expliquer l’expansion du nombre de foyers sur cette période. « Il semblerait que les mouvements de palmipèdes gras aient un rôle clé. »

V.G.