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Grippe aviaire : des déjections sous biocontrôle

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Précaution. Les déjections seront épandues sur cultures ou prairies, mais en aucun cas sur les parcours des volailles. © S. CHAMPION

Des règles sont à respecter pour traiter les lisiers et les fumiers, potentiellement contaminés.

Dans ses fiches techniques (1), l’Itavi décrit les mesures de biosécurité à prendre vis-à-vis des déjections de volailles, qui peuvent contenir le virus grippal. « Il faut éviter de mettre en contact les déjections avec la faune sauvage, rappelle Paul Ponchant, de l’Itavi. Pour cela, il est nécessaire de les enfouir ou les hygiéniser. » Et en aucun cas, stocker ou épandre des déjections sur les parcours des volailles.

Stockage à l’écart. De préférence couvertes, les fosses et fumières doivent être positionnées loin des bâtiments et des parcours, de façon à éviter que le virus ne se propage vers les animaux, les aliments et les hommes. « Le stockage en bout de champ est possible pour les fumiers compacts, après deux mois de stockage sous les animaux ou en fumière pour assurer un pré-égouttage », rappelle Paul Ponchant. La réglementation a changé depuis le 11 octobre (voir encadré).

Assainir pour ne pas enfouir

Épandage de lisier. Seulement deux possibilités s’offrent pour l’épandage. Si les lisiers ne sont pas assainis, ils doivent être enfouis immédiatement après épandage :

avec des injecteurs à dents ou à disques, suivis de roues de recouvrement ou de rouleaux fixes,

avec des rampes à pendillards, avec enfouissement immédiat par covercrop par un deuxième engin.

En revanche, les buses à palette sont interdites, car elles provoquent la formation d’aérosols susceptibles de disséminer le virus.

Autre solution, l’assainissement des lisiers dispense d’un enfouissement immédiat. Pour cela, trois voies sont possibles :

le chaulage avec de la chaux vive ou diluée (40 litres de chaux liquide/m3 de lisier). « Le chaulage doit permettre une montée en température entre 40 et 50 °C et un maintien du pH > 12 pendant 7 jours », explique l’Itavi qui, « compte tenu des risques », conseille de faire appel à un prestataire ;

la méthanisation (à la ferme ou dans une usine agréée) ;

l’assainissement naturel de 60 jours. Dans ce cas, une seconde fosse est nécessaire, pour évacuer le lisier de la bande suivante.

Épandage de fumier. À l’instar du lisier, un fumier non assaini doit être enfoui simultanément à l’épandage. Ce qui nécessite un épandeur à table d’épandage ou à hérissons verticaux/horizontaux, suivi d’un deuxième engin avec bineuse sarcleuse à soc ou à disque.

L’assainissement consiste en :

un stockage d’au moins 42 jours ;

un chaulage (à raison de 30 kg de chaux vive par tonne de fumier), avec montée en température à plus de 70 °C, un pH > 12 et stockage de 7 jours ;

un compostage ;

ou la combustion ou l’incinération (sous agrément sanitaire).

Elsa Casalegno

(1) Voir le site de l’Itavi : http://influenza.itavi.asso.fr

Distances

Les distances réglementaires de stockage et/ou d’épandage vis-à-vis des habitations, cours d’eau et autres ouvrages sont celles des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ou du Règlement sanitaire départemental (RSD).

Stockage au champ : oui, mais couvert

Le fumier de volailles stocké au champ doit obligatoirement être couvert, stipule un arrêté publié le 11 octobre 2016, qui accordait un an aux éleveurs pour se mettre en conformité. Cette mesure a comme objectif premier la protection de l’environnement, la couverture du tas évitant le lessivage de l’azote et la pollution par les nitrates. Mais elle revêt aussi un intérêt vis-à-vis du risque influenza.

La couverture peut être :

naturelle à base de paille, à raison d’une épaisseur de 30 cm au moins ;

une bâche imperméable à l’eau mais perméable à l’air afin d’éviter l’accumulation des gaz.

Une plaquette sera prochainement disponible sur le site de l’Itavi.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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