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Génétique laitière : les nouveaux index santé se privatisent

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Caractères.Les entreprises de sélection souhaitent proposer à leurs éleveurs des index portant sur des caractères non évalués par les index officiels. © © Claudius THIRIET

Évolution XY propose deux index – sur l’acétonémie et un nouvel index de synthèse « santé » – dans le cadre d’un projet privé.

En races laitières, les entreprises de sélection (ES) développent désormais leurs propres index pour l’évaluation des reproducteurs. Gènes Diffusion avait déjà lancé deux index liés à la santé du pied à l’occasion de la sortie de juin 2014 (lire l’encadré). Les derniers-nés seront proposés par Évolution.

À partir de septembre, les éleveurs bénéficieront – sans surcoût – de deux indicateurs supplémentaires pour les races prim’holstein, normande et pie rouge : un index « acétonémie » et un index de synthèse « santé », et ce pour l’ensemble des taureaux du catalogue. A la différence de Gènes Diffusion, qui les élabore en interne, ces index sont calculés par l’Unité mixte technologique associant l’Inra, l’Institut de l’élevage et Allice (ex-Unceia).

Le calcul de l’index « acétonémie » s’est appuyé sur les données phénotypiques collectées depuis 2012 dans le cadre de la prestation de détection de l’acétonémie, Céto’detect, développée par les entreprises de conseils en élevage du grand Ouest.

Caractère héritable

« Nous disposons de 2,7 millions d’enregistrements (données zootechniques et dosage de corps cétoniques dans le lait) en prim’holstein et 450 000 en normande, explique Maëlle Philippe, chez Évolution. Avec le développement du génotypage, depuis 2008, plusieurs milliers de vaches ont été génotypées. Nous avons ainsi rapidement constitué une population de référence, et avancé très vite sur cet index. » L’index génomique possède un CD de 0,66 en prim’holstein et pie rouge, et de 0,58 en normande. L’index polygénique affiche un CD de 0,5 (femelles avec lactation) à 0,90 (taureaux avec plus de 100 filles).

Certaines vaches sont plus sensibles que d’autres à cette pathologie. « Ce caractère est assez héritable, de 0,10 à 0,14 (comme pour les cellules) et il est corrélé positivement aux taux et à la fertilité, souligne Jean-Christophe Boittin, chez Évolution. Travailler dessus donnera des résultats rapides sans induire de contre-sélection dommageable. D’ici une ou deux générations, nous aurons probablement obtenu des taureaux très améliorateurs sur ce caractère. Et nous pourrons corriger 20 à 40 % des problèmes d’acétonémie dans les élevages en traitant seulement les vaches les plus sensibles. »

L’index de synthèse « santé » associe quant à lui quatre indicateurs : l’acétonémie (30 %), l’index de synthèse « santé de la mamelle » (30 %), la fertilité (30 %) et la longévité (10 %). Il permet « une lisibilité plus rapide de la robustesse de l’animal ».

Elsa Casalegno
Santé du pied, une préoccupation grandissante

Depuis deux ans, Gènes Diffusion (GD) propose deux index liés à la santé du pied en race prim’holstein.

La résistance aux lésions (RL) combine différentes maladies et lésions impactant le pied. Son calcul se base à 50 % sur la résistance de la sole aux ulcères, 25 % sur la dermatite, 20 % sur la bleime et 5 % sur la limace.

La robustesse du pied (RP) évalue les besoins des vaches en parage.

GD élabore également depuis 2014 un index de synthèse spécifique, dénommé GD Merit. Il se compose des caractères production à 40 %, santé de la mamelle à 15 %, reproduction à 20 %, morphologie à 10 %, santé des pieds à 12,5 % et vitesse de traite à 2,5 %. « C’est le seul index de synthèse qui intègre la santé du pied, donnant plus de poids aux caractères économiques et de santé », précise GD.

Évolution travaille également sur la santé des pieds et annonce « un nouvel index pour 2017 ».

Projet privé

Les nouveaux index d’Évolution sont « privés » car ils sont financés dans le cadre d’un projet associant plusieurs partenaires privés : les ES Évolution, Auriva et Elitest, ainsi que les organismes de conseil en élevage BCEL Ouest et Eilyps, et un industriel laitier, Agrial.

Le budget de 5 millions d’euros est subventionné à hauteur de 1,75 M€ par BPI France et les régions Alsace, Bretagne et Pays de la Loire. Le reste est financé en interne.

Les index polygéniques seront disponibles pour les adhérents à Céto’détect. Les index génomiques seront diffusés pour tous les taureaux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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