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Freiner sa production laitière en période de crise

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L’interprofession conseille le rationnement des concentrés, l’anticipation des tarissements et des réformes, la distribution de lait entier aux veaux et la monotraite. © C. Faimali

L’interprofession laitière a appelé les producteurs à lisser le pic de collecte printanier afin de contenir l’effet Covid-19. Voici cinq pistes.

Les industriels laitiers doivent composer avec un manque de personnel, de débouchés, des cours en berne et des complications logistiques à l’export… Le tout à l’approche du pic de collecte. Pour limiter l’érosion de la paie de lait, l’interprofession laitière (Cniel) en appelle donc à la modération des livraisons. Elle a publié, avec l’Institut de l’élevage (Idele), une note technique afin d’accompagner les éleveurs dans cette démarche.

Plus de place aux fourrages

Première possibilité, diminuer – voire supprimer – le concentré de production. D’après l’Idele, le retrait de 1 kg de concentré par vache et par jour induit une baisse de la production de 0,5 à 1 kg de lait/VL/jour. En parallèle, il est possible de limiter le correcteur azoté, « à condition de maintenir un rapport PDI/UFL supérieur à 80, pour ne pas perdre en état », note Philippe Roussel, de l’Idele.

La réponse en lait peut aller jusqu’à 5 kg/VL/jour en moins. Pour les experts du Cniel, « il est possible d’appliquer cette stratégie pour l’ensemble du troupeau ou par lots, en fonction des besoins de réduction de la production ». Les spécialistes recommandent la consultation du technicien d’élevage, afin d’adapter le rationnement au stade physiologique et au potentiel des vaches. Ce levier nécessite la présence de stocks fourragers suffisants et de bonne qualité.

Autre possibilité : la réduction de l’effectif des vaches en production en anticipant les tarissements et/ou les réformes. Dans le premier cas, il est conseillé de se restreindre aux vaches qui sont à plus de six mois de gestation, avec un niveau de production inférieur à 20 kg par jour. « Au-delà de trois mois de tarissement, on allonge l’exposition des laitières aux risques sanitaires et de surengraissement propre à la période sèche », précise Philippe Roussel.

Le protocole de soin pourra être adapté avec le vétérinaire. L’application d’un obturateur, en complément ou non d’un antibiotique, permettra de contenir le risque sanitaire. Une bonne situation cellulaire initiale est un prérequis essentiel. Concernant les réformes anticipées, à coupler avec un tarissement précoce, il est utile d’analyser les besoins du marché de la viande et de s’assurer de la bonne continuité du ramassage des animaux.

Du lait pour les veaux

La distribution de lait entier aux veaux, en remplacement du lait de substitution, permet aussi une réduction rapide et réversible des livraisons. 350 à 400 litres de lait entier sont nécessaires pour élever une génisse. Pour passer du reconstitué au lait entier, une transition lactée durant deux à trois jours permet de prévenir les troubles digestifs. « Il est recommandé d’utiliser du lait de mélange, plutôt que le lait d’une seule vache, afin de lisser le taux butyrique », explique le spécialiste. D’après les recommandations de l’Idele, il convient de ne pas excéder 7 litres par jour et par veau, entre deux et six semaines d’âge, pour un lait avec un TB de 42 à 44 g/kg, afin d’éviter un épisode diarrhéique.

Dernier levier, pouvant réduire la production jusqu’à 25 %, la monotraite. Cette technique est à utiliser en association avec un régime peu engraissant et un bilan cellulaire sain. « La rémanence sur la lactation en cours varie, mais aucun effet n’est à noter sur les lactations suivantes », précise Philippe Roussel.

Alexandra Courty

Pour plus d’informations : http://idele.fr/reseaux-et-partenariats/covid-19-dossiers-speciaux.html

Gare aux fausses bonnes idées

« Le choix du levier dépend de la situation de l’élevage, de la demande de réduction des laiteries et des compensations financières proposées, souligne le Cniel. La plupart des options impliquent une réorganisation du travail. Il est donc recommandé de prendre contact avec les conseillers d’élevage pour faire le bon choix. »

Dans tous les cas, « la stratégie adoptée doit être réversible car la crise à laquelle nous faisons face n’est que temporaire ».

Jouer sur le taux de renouvellement du troupeau ou réformer des vaches non prévues ne sont pas des solutions. La réduction de l’apport de fourrages ou d’eau est également à proscrire, « pour des raisons évidentes de bien-être animal et de physiologie digestive ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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