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De l’herbe pour la finition des jeunes bovins

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Essais - De l’herbe pour la finition des jeunes bovins
« L’ajout d’herbe dans la ration peut nécessiter une compensation énergétique par l’apport de céréales. Si elles ne sont pas autoproduites, le gain en autonomie globale n’est pas évident », souligne Clément Fossaert, de l’Idele. © L. Pouchard

Une compilation d’essais réalisés en fermes expérimentales montre que l’introduction d’herbe dans la ration d’un jeune bovin, comme seul fourrage ou en apport complémentaire, est possible sans pénaliser les performances.

Selon les potentialités fourragères de l’exploitation, la valorisation des surfaces en herbe pour la finition des jeunes bovins (JB) peut conduire à une réduction de l’apport de concentrés. Dans plusieurs stations expé­rimentales, des rations introduisant de l’herbe, enrubannée ou ensilée, ont été testées en comparaison avec des rations classiques à base de maïs ou de céréales. Si les régimes étudiés permettent l’obtention de performances au moins équivalentes à l’engraissement et une qualité de viande tout aussi satisfaisante (voir l’encadré), le « verdissement » d’une ration ne laisse pas de place au hasard. « Ce choix nécessite une bonne maîtrise technique de la “culture” de l’herbe et des conditions météorologiques favorables », relevait Clément Fossaert, de l’Institut de l’élevage (Idele), lors d’une séance de formation donnée le 5 mai dernier.

Maîtrise technique

Pour maintenir des performances zootechniques élevées, « un compromis est à trouver entre le rendement et les valeurs alimentaires du fourrage, indiquait-il. Inclure jusqu’à 30 % d’herbe dans une ration sans pénaliser les performances est possible, à condition de viser un stade de récolte début épiaison pour une unité fourragère viande (UFV) supérieure à 0,8 et un taux de matière azotée totale (MAT) d’au moins 12 %. »

Ensilage ou enrubannage en complément

À la station des Établières, en Vendée, l’ajout d’herbe ensilée à hauteur de 30 % dans un régime à base d’ensilage de maïs a conduit à des consommations totales (+/- 10 kg MS/j) et des performances comparables (+/- 1 370 g/j) du lot de JB charolais au regard du lot témoin. Selon une méta-analyse de dix essais Arvalis réalisés en 2016, « l’introduction de 35 % d’enrubannage d’herbe dans les rations à base de maïs ensilé entraîne un allongement moyen de la durée d’engraissement de vingt-et-un jours pour arriver à un poids de carcasse équivalent, autour de 440 kg », souligne l’expert. De son côté, l’autonomie protéique­ n’a été que très peu sensiblement améliorée (50 kg de colza par animal sur toute la durée d’engraissement). Pour autant, « de très bonnes performances ont été obtenues lorsque l’enrubannage était de qualité et dans une limite de 30 % de la ration ».

D’autres essais montrent que l’ajout de 35 % d’herbe enrubannée dans une ration sèche à base de céréales présente une diminution bien plus nette de l’utilisation­ de concentrés énergétiques et azotés, de l’ordre de 300 kg de colza et de 200 kg de céréales par animal, tout en maintenant un gain de croissance quotidien­ (GMQ) satisfaisant, autour de 1 510 g/j.

Un pari plus risqué

Dans le cadre du programme national Beefalim 2020 mené aux fermes expérimentales de Mauron, de Jalogny et des Établières, ainsi qu’à l’Inrae de Theix, deux régimes contrastés ont été comparés, l’un à base d’ensilage de maïs et l’autre à base d’ensilage d’herbe à hauteur de 60 %. Si les valeurs alimentaires moyennes des rations à base d’herbe ensilée se révèlent satisfaisantes, elles cachent des hétérogénéités fortes selon les années et les sites. « Dans l’idéal, il faudrait adapter sa stratégie d’alimentation en fonction de la qualité des fourrages obtenus », note Clément Fossaert.

Lucie Pouchard

Meilleur profil

Un essai conduit aux Établières, entre 2012 et 2013, a permis d’évaluer la qualité de la viande de jeunes bovins nourris selon trois régimes d’engraissement (maïs, herbe et 2/3 maïs, 1/3 herbe). Pour les animaux alimentés à base d’herbe, les résultats mettent en lumière des gras légèrement plus colorés et des viandes plus maigres. En revanche, « la quantité d’oméga 3 a doublé en comparaison avec une ration maïs », rapporte Clément Fossaert, de l’Idele. La couleur de la viande n’a pas, quant à elle, été impactée.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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