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Faire entrer la lumière naturelle dans les poulaillers

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Positionnées à hauteur d’homme, les fenêtres permettent de voir © LDC

Face aux attentes sociétales, les groupes volaillers exigent des fenêtres dans les bâtiments, qu’il convient d’installer de manière judicieuse.

Une surface vitrée de 3 % dans les poulaillers, c’est l’exigence de la charte « Nature d’éleveur » du volailler LDC, qui deviendra obligatoire pour tous ses éleveurs à l’horizon 2025. « C’est un dimensionnement nécessaire pour apporter une bonne qualité de lumière tant pour les animaux, que pour les conditions de travail des éleveurs », explique Pascal Corvoisier, responsable bâtiment du groupe volailler. Aujourd’hui, 500 éleveurs sur les 4 000 du groupe voient le jour dans leur bâtiment.

D’autres organisations de producteurs, comme Terrena, mettent en place cette exigence. Alexandre Plu, éleveur à Tennie (Sarthe), est passé de 1 à 3 % de vitres sur ses quatre bâtiments de 1 300 m2. « En pintade, l’emplumage est très épais et évite les griffures. En poulet, je n’observe pas de différence. Pour nous, éleveurs, les conditions de travail sont également très appréciables. »

L’objectif est que les volailles profitent de la lumière naturelle, « mais également que n’importe qui puisse regarder dans le bâtiment. On n’a rien à cacher », appuie Pascal Corvoisier. Même si des fenêtres sur le toit assurent un éclairage plus homogène, elles sont à proscrire. Des fenêtres sur les côtés, entre 1,5 et 1,8 m de haut, pour éviter le soleil rasant ou les phares des voitures, sont recommandées. Sur les bâtiments dynamiques, elles se positionnent au-dessus des trappes de ventilation. Il n’existe pas de taille préconisée. Les bâtis doivent être en PVC, et le verre ou la plaque de plastique, transparents, en double vitrage. Il est possible d’introduire des fenêtres d’un seul côté.

Utiliser des occultants

« Si l’on installe des fenêtres, c’est pour qu’elles soient ouvertes », insiste Pascal Corvoisier. Néanmoins, des occultants sont nécessaires « La nuit, avec la lumière de la lune, les volailles sont susceptibles de voir d’éventuels prédateurs et prendre peur. Il est aussi pertinent de fermer les volets de midi à 16 h, contre le froid ou la chaleur », explique Julien Martineau, adhérent Elinnove et expert en éclairage lumière et bien-être.

Les constructeurs innovent de façon à répondre à cette nouvelle demande. En ce qui concerne les bâtiments style Louisiane, une société sarthoise propose des rideaux isolés avec une partie claire en haut. à la place des polycarbonates rigides, une vitre type Plexiglass peut être installée. Sur les bâtiments à extraction d’air statique, les jupes peuvent être remplacées par d’autres transparentes. Il reste toutefois la question des bâtiments en tunnel, qui ne possèdent pas encore de solution.

Entre 15 et 21 €/m2

Quant aux éleveurs qui viennent d’investir dans un bâtiment, c’est la douche froide. Car ce nouvel investissement n’entraîne pas d’augmentation des prix de vente. Ainsi, pour un bâtiment de 1 000 à 1 200 m2, comptez entre 15 et 21 €/m2 HT, fourniture et pose comprises. Pour la simple fourniture des fenêtres et des occultants, entre 7 et 10 €/m2.

Des aides PCAEA (1) sont possibles, entre 30 et 50 % selon les régions. Les organisations de producteurs sont également à même de soutenir les éleveurs.

Aude Richard

(1) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles.

« Maintenir un éclairage artificiel »

« En posant des fenêtres, tout laisse à penser que l’éleveur peut se passer de la lumière artificielle et effectuer des économies. Ce n’est pas si simple. Je recommande de garder de 20 à 30 % d’éclairage artificiel pour corriger le spectre lumineux. Cela permet d’avoir une lumière comme celle du printemps, et des volailles qui ne dépriment pas. On évite ainsi l’agressivité ou le piquage. »

Julien Martineau, adhérent Elinnove et expert en éclairage lumière et bien-être.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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