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Évaluer l’état des prairies dégradées avant de sursemer

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Climat. Le manque d’eau a même eu raison du ray-grass anglais et du pâturin. © Hélène Chaligne/GFA

Entre les pluies diluviennes et la sécheresse, les prairies ont beaucoup souffert cette année. Les ressemer reste envisageable mais pas sans diagnostic.

Les conditions climatiques de 2016 ont eu raison de la qualité des prairies dans de nombreuses régions. Entre les fortes pluies, voire les inondations, et la sécheresse, les sols ont été matraqués. Le manque d’eau a même eu raison du ray-grass anglais et du pâturin. « Cet automne, la repousse est plutôt bonne, rassure Yves Le Boulbin, conseiller en productions animales chez Alysé, qui rassemble les services élevage des chambres d’agriculture de l’Aube, du Loiret et de l’Yonne. Encore faut-il que ce soit vraiment productif. »

Même si l’herbe est au rendez-vous en quantité, Yves Le Boulbin conseille de s’assurer de la présence de pâturin. Il rappelle aussi que le piétinement forme des trous dans les pâtures, qu’il faut combler.

Trois situations

Certains sont tentés par le sursemis. « J’ai vu beaucoup d’éleveurs se lancer dans la réfection de leurs prairies mais rarement avec de bons résultats, raconte Yves Le Boulbin. Malgré les mauvaises conditions, je doute que beaucoup de pâtures aient besoin d’être ressemées. Elles devraient repartir toutes seules. » Aussi propose-t-il d’effectuer un diagnostic.

La prairie a reverdi rapidement. L’herbe est peu développée en hauteur mais suffisamment dense et régulière. Il y a peu d’adventices. La rénovation est inutile. « Il faut attendre et ne pas prendre le risque d’y toucher », prévient Yves Le Boulbin.

La prairie présente des graminées productives mais reste clairsemée. En revanche, il n’y a aucune graminée médiocre, telle que le chiendent ou tout autre indésirable dans les trous. « La prairie gagnera à être regarnie par un sursemis », conseille-t-il.

La prairie est envahie de graminées médiocres et d’adventices. Il reste peu de bonnes graminées. Aucun doute pour Yves Le Boulbin, « la seule solution, c’est le sursemis. » Mais pas avec n’importe quoi. « Du ray-grass anglais et du trèfle blanc, c’est tout, lance-t-il. Ce sont des espèces agressives, qui s’implantent facilement. » Yves Le Boulbin préfère le ray-grass intermédiaire à demi-tardif, et recommande un mélange, moitié-moitié, de diploïde et de tétraploïde. Les doses totales à l’hectare dépendront du semoir utilisé. Pour un spécialisé, 26 à 28 kg suffisent. Pour un semoir à céréales, 30 à 32 kg sont nécessaires, en raison de la perte que peut occasionner ce type de matériel.

Hélène Chaligne
Prendre le temps de désherber

« Si le sursemis est envisagé, il est nécessaire de désherber, assure Yves Le Boulbin. Le piétinement est source de départ de mauvaises herbes, telles que les renoncules. La priorité, c’est de ressemer le plus rapidement possible et de désherber au maximum quatre jours plus tard, avant la levée des graines. » Pour un ressemis de printemps, le désherbage sélectif peut se dérouler maintenant. En revanche, pour un désherbage total, mieux vaut décaler à la sortie de l’hiver. Yves Le Boulbin recommande un semis à 1 cm de profondeur, pour cacher les graines. Il conseille ensuite de rappuyer le sol après le semis, pour assurer le contact entre la graine et le sol, en privilégiant les rouleaux de type cultipacker.

© C.Le gall
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Cet article est paru dans La France Agricole

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