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Réussir à appréhender la Border disease

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En ovins - Réussir à appréhender la Border disease
Dans les races à laine fine, comme le mérinos, les agneaux poilus sont facilement identifiables. © Hubert Germain

Un agnelage difficile et des agneaux poilus peuvent indiquer la présence de la maladie. Des solutions existent pour éviter son apparition.

Provoquée par un pestivirus (Flaviviridae), la Border disease ou « maladie des frontières » est présentée un peu abusivement comme la « BVD des ovins ». « Si le pestivirus est scientifiquement proche du virus de la maladie des muqueuses bovine, il ne faut pas faire d’amalgame, observe Hubert Germain, vétérinaire conseil en ovins. La Border disease est beaucoup moins grave. »

Dans les régions de transhumance du sud de la France (Alpes, Cévennes, Pyrénées), les cheptels locaux se sont immunisés depuis longtemps contre cette maladie ancienne. Le virus, présent partout sans avoir de grandes incidences sur les performances ou sur la santé des animaux, passe quasiment inaperçu.

Dans le Pays basque et en Aveyron, une forme exceptionnellement grave est apparue dans les années 1983-1984. Ces cas ont réellement fait découvrir la Border disease en France. On estime désormais que l’apparition de cette version hypervirulente était due à un lot contaminé d’un vaccin vivant contre l’ecthyma. Dans le reste du pays (moitié nord), la Border disease semble ne s’être propagée de façon épisodique que depuis une trentaine d’années, à la suite d’achat d’agnelles ou de brebis venant du sud, souvent de race romane.

Contamination par introduction­

La contamination des cheptels se fait par l’introduction d’animaux porteurs du virus (agnelles et brebis), rarement des béliers. Lors d’un agnelage difficile, des animaux naissent poilus au lieu d’être lainés, ils contractent toutes sortes de maladies et beaucoup meurent plus ou moins jeunes. Certains tremblent sans arrêt.

Une analyse PCR (détection d’ADN) sur des agneaux poilus ayant survécu est indispensable pour vérifier la circulation du virus dans le sang. « Pour s’assurer qu’il s’agit de la Border disease, nous réalisons un ou deux mélanges de cinq prises de sang sur anticoagulant, précise Hubert Germain. Le test est très fiable et peu onéreux. Une sérologie réalisée à partir d’une prise de sang ordinaire ne permet que de dire si le virus circule ou a circulé, mais pas de savoir si la circulation est récente ou ancienne. »

En l’absence de traitement curatif, la lutte passe par des mesures de prévention. « Pendant un ou deux ans, il est conseillé de vacciner les agnelles que l’élevage va garder pour le renouvellement ainsi que les animaux destinés à la vente, pointe le vétérinaire. Nous utilisons le vaccin bovin à quart ou demi-dose. Cela marche bien. »

Pour éviter d’introduire la Border disease dans un troupeau indemne, il convient d’être vigilant lors de l’achat d’animaux, en particulier dans le sud de la France. Il est utile de connaître le statut des cheptels au regard de la maladie. Cela reste toutefois difficile car il existe peu de dépistages collectifs organisés (lire l’encadré). « En élevage allaitant, à l’exception des rameaux “lacaune viande”, aucun statut n’est certifié collectivement, note Hubert Germain. Certains vendeurs peuvent ignorer en toute bonne foi que le virus est présent dans leur troupe depuis toujours. »

Anne Bréhier

Une certification en race lacaune

En race lacaune, tous les élevages sédentaires reproducteurs ont été assainis et une certification « indemne de Border » a été mise en place par l’organisme de sélection Upra lacaune. Elle permet de contrôler le statut des cheptels sélectionneurs et des ateliers d’engraissement qui s’approvisionnent en agneaux maigres dans les Cévennes ou les Alpes du Sud. « Tous les engraisseurs aveyronnais trient aujourd’hui les agneaux, précise Hubert Germain. Certains n’engraissent que les lots issus d’élevages laitiers et regroupent ceux provenant de transhumance dans d’autres bâtiments, ou les engraissent à des périodes différentes. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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