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Détecter la réceptivité à l’effet mâle dans la salive des cochettes

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Reproduction - Détecter la réceptivité à l’effet mâle dans la salive des cochettes
La progestérone et certains de ses métabolites ont été retrouvés à des concentrations plus importantes chez les cochettes réceptives à l’effet mâle. © S. Champion

Un essai de l’Inrae a permis d’identifier neuf biomarqueurs offrant de mieux repérer les jeunes truies pouvant être mises à la reproduction.

La synchronisation des cycles sexuels des femelles est une condition sine qua non pour réaliser la conduite en bandes en élevage porcin. Si les ateliers conventionnels y parviennent grâce à l’usage d’hormones de synthèse, ces dernières sont interdites en agriculture biologique. « Il est donc nécessaire de trouver des méthodes alternatives non hormonales si l’on désire garder le système de la conduite en bandes dans les systèmes biologiques, mais aussi pour optimiser les performances environnementales des systèmes conventionnels », estime Ghylène Goudet, ingénieure à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

Métabolites et stéroïdes

Pour ce faire, les chercheurs de l’Unité mixte de recherche physiologie de la reproduction et des comportements (PRC) de l’Inrae (1) ont recherché des biomarqueurs de la réceptivité à l’effet mâle dans la salive de 30 cochettes croisées large white × landrace, âgées de 140 à 175 jours. En effet « juste avant la puberté, les cochettes deviennent sensibles à la présence du mâle, laquelle induit dans certains cas la première ovulation », rappellent-ils, dans une publication le 8 février 2021. L’objectif est ainsi « d’améliorer l’efficacité de l’effet mâle pour l’entrée en reproduction des jeunes femelles ». Par ailleurs, les prélèvements de salive « présentent l’intérêt d’être une méthode non invasive ».

Les femelles ont été exposées à un verrat et soumises à une détection de chaleurs 2 fois par jour, pendant 25 jours à partir de 150 jours d’âge. « C’est à compter de cet âge qu’elles sont susceptibles de répondre à l’effet mâle », précise Ghylène Goudet. Sur 30 cochettes, « 10 ont été détectées en chaleur 4 à 7 jours après la première exposition au verrat, et ont été ainsi observées comme réceptives à l’effet mâle, déclarent les chercheurs de l’UMR PRC. D’autre part, 14 ont été détectées en œstrus plus de 8 jours après le premier contact avec le verrat, alors que 6 ont été considérées non réceptives. »

Les métabolites (peptides, acides aminés, acides organiques, sucres…) et les stéroïdes présents dans la salive ont été comparés dans les échantillons de 6 femelles réceptives à l’effet mâle et 6 non réceptives. « Pour chaque cochette, nous avons analysé la salive collectée 25 et 11 jours avant l’exposition au verrat, ainsi que le premier jour de cette exposition », indique l’ingénieure à l’Inrae. Sur les 29 stéroïdes et 31 métabolites détectés au total, les concentrations de 6 stéroïdes et de 3 métabolites ont été significativement différentes entre les femelles réceptives et non réceptives. La progestérone et certains de ses métabolites ont notamment donné des résultats prometteurs, « du fait de concentrations plus élevées et moins variables, ainsi que d’un différentiel plus marqué entre cochettes réceptives et non réceptives. »

Ces 9 biomarqueurs pourraient « permettre d’identifier les femelles qui seront réceptives dès 11 à 25 jours avant leur exposition au verrat et par conséquent améliorer l’efficacité de la stimulation, note l’ingénieure de recherche. Ces résultats doivent être confirmés sur un plus grand nombre d’animaux ».

De quoi renouveler ou constituer des bandes plus facilement, sans avoir recours aux hormones de synthèse.

Vincent Guyot

(1) En collaboration avec les unités Genesi et Pegase, l’Itab et l’Ifip.

Réduire les délais d’analyse

Pour cette expérimentation, les analyses salivaires ont été réalisées dans un laboratoire de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). « Les délais ont été longs, plusieurs mois, car ce laboratoire doit assurer en parallèle ses propres travaux de recherche », rapporte Ghylène Goudet, ingénieure à l’Inrae.

Pour autant, « on peut envisager de diminuer les coûts et les délais de dosage, car il existe dans le commerce des kits de dosage Elisa qui permettent des dosages rapides et peu coûteux, poursuit-elle. Mais il y a encore un travail de mise au point de ces dosages pour pouvoir les utiliser en élevage ».

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