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Désigner un responsable qualité lors de l’ensilage

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Le responsable qualité contrôle le fourrage et donne les consignes aux chauffeurs sur le chantier. © J. Chabanne

Les enjeux de qualité pour la récolte de maïs fourrage se chiffrent en milliers d’euros. Il est donc judicieux d’y consacrer une personne à temps complet.

Trente-cinq hectares de maïs, c’est ce que récolte en moyenne une exploitation au cours d’une journée d’ensilage. « C’est le garde-manger de l’année, insiste Olivier Raux, conseiller chez Elv’Up. Le manque à gagner sur un chantier d’ensilage mal conduit peut grimper à 9 000 euros, rien que pour le mauvais éclatage des grains. »

Depuis quelques années, la société de conseil sensibilise ses adhérents à l’importance d’une personne responsable de la qualité sur le chantier d’ensilage. « Le plus simple est que ce soit le chef d’exploitation qui endosse ce rôle, car c’est lui qui a l’autorité et le pouvoir de décision, estime le conseiller. Cette fonction n’étant pas encore très courante, une réunion de démarrage du chantier est judicieuse pour expliquer la démarche, les résultats attendus, ainsi que l’organisation envisagée. Le chauffeur de l’ensileuse devra être joignable à tout moment. Le responsable qualité explique également, dès le matin, ses besoins en remorques en fin de journée, afin d’ensiler la parcelle la plus humide en dernier. »

Une fois la récolte démarrée, la vérification du hachage s’impose. « C’est le minimum, souligne Olivier Raux. La coupe doit être franche et sans feuilles. La longueur des brins et des croûtons, mesurée au mètre ruban, doit correspondre à l’objectif visé. Le contrôle de la longueur des morceaux pourra aussi être affiné par un tamisage. Attention aux ensileuses qui gèrent elles-mêmes la longueur de coupe de façon automatisée. Le responsable qualité doit veiller avec le chauffeur à borner ces automatismes entre deux valeurs raisonnables, sans quoi des catastrophes risquent de se produire. »

Surveiller l’éclatage

Au vu de l’évolution de la génétique bovine et des variétés de maïs, l’objectif est d’atteindre un indice de fragmentation des grains (IFG) de 70 %. Ce paramètre se contrôle par le test du seau. « Il s’agit de placer un échantillon dans un seau d’eau, en agitant pour faire remonter les grains en surface, explique le conseiller. Chaque grain devrait être coupé au moins en quatre. À défaut, le responsable qualité contacte le chauffeur, avec consigne de resserrer les éclateurs. » Tous les échantillons doivent être  conservés à plat sur une feuille et numéroté. Cela permet de vérifier l’impact des consignes.

Ces mesures, qui ne prennent que quelques minutes chacune, « doivent être effectuées idéalement une fois par heure, et surtout à chaque changement de parcelle ou de variété », poursuit-il. À proximité du silo, le responsable qualité veille à ce que les remorques ne rapportent pas de terre. S’agissant du tassage, « il convient de prévoir un poids minimum de 400 kg par tonne de matière sèche entrante et par heure, et de s’assurer que les chauffeurs dédiés ne prennent pas trop de pauses », ajoute Olivier Raux. À la fin du chantier, le tassage doit se poursuivre en général durant une heure. Le responsable qualité reste sur le chantier jusqu’à la fermeture du silo pour s’assurer que celui-ci est bien hermétique.

Alexis Dufumier

Adapter ses objectifs

La qualité visée de l’ensilage se raisonne en fonction de la génétique des vaches, comme celle du maïs, mais également de la maturité de la plante et des conditions météorologiques. Il faut s’adapter à chaque situation. « À titre d’exemple, l’arrivée probable sur le marché de variétés de maïs à grains farineux permettrait de retarder les dates de récolte et de gagner en développement, mais le risque de mycotoxines sera accru », souligne Olivier Raux.

Conserver des échantillons à plat permet de surveiller l’évolution de la qualité et l’impact des recommandations données. © A..Dufumier
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Cet article est paru dans La France Agricole

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