Davantage utilisées pour les truies, l’incorporation de pulpes de betteraves, riches en fibres, est « plus rare dans les aliments pour les porcs à l’engrais et les porcelets », rapporte Didier Gaudré, spécialiste de l’alimentation en post-sevrage et engraissement à l’Institut du porc (Ifip). Un essai conduit à la station expérimentale de Romillé (Ille-et-Vilaine) met en évidence l’effet bénéfique des fibres pour limiter les comportements agressifs pendant l’engraissement.

Moins de plaies et de griffures

Des pulpes de betteraves ont été incorporées à 0, 10 et 20 % dans les aliments de croissance et de finition. « Elles sont introduites en réduisant le taux de céréales et de leurs coproduits et en ajustant les teneurs en acides aminés par l’addition d’huile, de tourteau de soja et d’acides aminés de synthèse », précise Didier Gaudré.

144 porcs croisés (large white x landrace) x piétrain ont été suivis de 29 à 117 kg de poids vif.

À l’abattage, une réduction du rendement carcasse est observée avec l’augmentation de la teneur en betteraves, « en raison de l’effet des fibres sur le développement du gros intestin. » En revanche, à 10 et 20 % de pulpes incorporées, le nombre de griffures est réduit de 44 et 66 % respectivement. S’agissant des plaies, leur nombre et leur taille diminuent de plus de 70 % lorsque la betterave est utilisée. Les porcs en ayant consommé « consacrent davantage de temps à des activités d’investigation de leur case, mais le temps passé en interaction avec les congénères n’est pas modifié ». Le changement de consistance de leurs fèces les rend en revanche nettement plus sales par rapport à un régime sans pulpes de betteraves.

Vincent Guyot