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Des pistes pour mieux rémunérerle travail en allaitant bio

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L © A. Mabire

L’Institut de l’élevage et les chambres d’agriculture ont étudié l’hypothèse de deux Smic par unité de main-d’œuvre. L’objectif s’est avéré surestimé mais pas hors de portée des éleveurs.

La production de viande bovine « bio » est en plein essor. Pour autant, rémunère-t-elle correctement les éleveurs ? Cette question est au cœur d’une récente étude menée par les chambres d’agriculture, dont celle des Pays de la Loire, et l’Institut de l’élevage (Idele). Ses résultats ont été présentés en mai à Thorigné-d’Anjou (Maine-et-Loire). Ils reposent sur l’analyse des coûts de production de 136 élevages spécialisés en bio ou en conversion, entre 2015-2017. « Afin de comparer ces exploitations, nous les avons typées en fonction du taux de finition des animaux mâles et femelles et des catégories commercialisées », précise Mylène Berruyer, chef de projet animation des réseaux bovins viande à l’Idele. Six catégories ont ainsi été identifiées : naisseur, naisseur engraisseur (NE) de bœufs, NE de femelles, NE de veaux sous la mère, élevages intermédiaires sans débouché dominant et élevages en conversion vers l’agriculture biologique.

Accroître la production par UMO

Avec un coût de production moyen toutes catégories confondues de 590 €/100 kg de viande vive pour un produit moyen de 521 €/100 kg de viande vive, « l’objectif de deux Smic par unité de main-d’œuvre (UMO) que nous nous étions fixés n’est pas atteint. La rémunération permise n’est, en effet, que de 1,5 Smic en moyenne », relève Mylène Berruyer. « Un tiers de notre échantillon est à deux Smic avec quelques rares « champions » à trois, voire quatre Smic », complète Christophe Grosbois, conseiller bovins viande à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

Sans surprise, le coût de production hors travail est la première cause de variabilité. « En conventionnel, c’est le seul et unique facteur d’explication. Mais en bio, les aides et la productivité de la main-d’œuvre, autrement dit la production brute de viande vive par UMO, jouent presque autant avec respectivement 23 et 21 % », indique Christophe Grosbois. Plus finement, l’étude révèle que ces trois facteurs agissent différemment selon les catégories. Dans le système naisseur (N), par exemple, la productivité de la main-d’œuvre n’a un impact que pour 11 %. C’est donc bien sur le coût de production hors travail qu’il faudra concentrer ses efforts pour augmenter la rémunération de la main-d’œuvre. A contrario, dans le système NE avec vente de bœufs, la première variable à activer sera la production brute de viande vive par UMO. « Elle pourra être améliorée en augmentant le nombre de vêlages ou par l’accroissement des performances des animaux », souligne Christophe Grosbois.

Par ailleurs, concernant l’amélioration du coût de production hors travail, le conseiller invite à regarder de près les charges de mécanisation. Quelle que soit la catégorie, « elles pèsent lourd, 48 % du total, ce qui interroge tout de même quand on sait que les coûts de production que nous avons analysés sont ceux de systèmes herbagers ».

Anne Mabire

Un faible impact du prix

Le prix du kilo vif vendu joue peu et moins sur la rémunération que la plupart des autres critères. Ce constat vaut pour toutes les catégories prises en compte dans l’étude. Dans le système NE de bœufs, ce prix est en moyenne de 3,04 €/kg. Toutefois, les 25 % meilleurs, ceux qui produisent 25 t/UMO pour une rémunération de 2,5 Smic, obtiennent une moindre valorisation (2,70 €/kg). Les auteurs de l’étude lèvent, sans pouvoir véritablement y répondre, la question de l’évolution défavorable des prix à échéance 2022-2023. Au vu des conversions de ces dernières années en bovins viande et lait, le nombre d’animaux mis en vente à cette date devrait, en effet, significativement augmenter.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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