«Facteur clé de la réussite d’un lot de volailles, les pratiques en matière de gestion de litière et les matériaux utilisés ont beaucoup évolué ces dernières années, notamment en poulet lourd, pour diminuer la prévalence des pododermatites », explique Élodie Dezat, conseillère avicole de la chambre d’agriculture de Bretagne. Les dernières références datant de 2013, la chambre a réalisé une enquête en 2019 auprès de 42 éleveurs de poulets et de dindes, regroupant 84 poulaillers.

Plus d’achats extérieurs

« La paille reste le matériau le plus utilisé, par sa disponibilité et son coût plus attractif, indique la conseillère. Mais les copeaux de bois, les granulés et la sciure séduisent également grâce à leur pouvoir absorbant et à leur capacité à relarguer l’humidité avec la ventilation. Un avantage certain pour la prévention des pododermatites. »

Cependant, ces supports sont plus coûteux et ne sont généralement pas produits sur l’exploitation. « La dépense en litière a plus que doublé en poulet lourd sexé depuis 2013, avec une charge qui s’élève à plus de 0,4 €/m²/lot », observe Élodie Dezat. Les coûts sont très variables selon le type de litière et sa forme. Les granulés sont les plus chers mais ils sont pratiques à utiliser en repaillage. Au final, les trois quarts des éleveurs de l’enquête achètent leur litière à l’extérieur. « En poulet lourd, la paille broyée a quasiment disparu des bâtiments », constate la conseillère. Elle a progressivement été remplacée par des granulés, des copeaux ou de la sciure de bois ou de paille. Sur le terrain, l’étude a également révélé des rajouts de litière de plus en plus fréquents dans ces élevages : de 2 à plus de 10, pour une quantité moyenne de 0,9 à 1,7 kg/m²/lot. Les rajouts se font le plus souvent manuellement par dispersion de granulés sur les zones dégradées.

Historiquement, un seul rajout par lot était recensé. Le passage en sol béton a également fait changer les pratiques. Les éleveurs mettent moins de litière et peuvent donc se permettre des supports plus coûteux.

Peu d’évolutions en dinde

Les pratiques ont moins évolué dans les élevages de dindes, avec des bâtiments pour la plupart en terre battue.

La paille est majoritairement utilisée lors de la mise en place sous forme broyée, hachée ou ensilée. La moyenne est de 6 à 7 kg de litière par m² mais il existe une forte variabilité selon les bâtiments (entre 3 et 11 kg/m²). Certains­ producteurs utilisent également des copeaux (de 2 à 12 kg/m²). En rajouts, la paille prédomine et les quantités oscillent entre 1 et 12 kg/m2/lot. Ils sont le plus souvent effectués à l’aide d’une pailleuse.

Isabelle Lejas

L’experte
« Moins de pododermatites avec la sciure et les granulés » Élodie Dezat, conseillère avicole à la chambre d’agriculture de la Bretagne

« L’enquête confirme que les poulets lourds élevés sur un sol en béton ont moins de pododermatites. La prévalence de la maladie y est de 6 % en moyenne, contre 20 % sur terre battue. Peu de différences sont observées sur la valeur médiane des taux de pododermatites entre un système de chauffage à combustion intérieure ou extérieure. Néanmoins, l’utilisation de radiants est dommageable. Il ressort de l’échantillon que les lots sur sols bétons (hors chauffage avec radiants) élevés sur de la sciure et des granulés de paille ont des taux de pododermatites systématiquement inférieurs à 15 %. »