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« Des drêches de brasserie artisanale pour mes bovins »

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Vincent et Didier Monchany récupèrent les drèches de deux brasseries artisanales, pour les valoriser dans les rations de leurs blondes d’Aquitaine.

Chez Vincent Monchany et son père Didier, à Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), dans la périphérie de Bordeaux, des drêches de deux brasseries artisanales sont distribuées à tous les animaux de renouvellement. « Nous récupérons ces drêches à raison d’une à deux fois par semaine », explique Vincent. Il a été contacté l’été dernier par les brasseurs eux-mêmes. La petite taille des deux brasseries rendait compliquée la valorisation de ce résidu via des circuits industriels. Elles utilisent 25 kg d’orge ou de mélange orge-avoine pour 100 l de bière, obtenant ainsi 6 à 7 kg de drêches fraîches.

« C’est gagnant-gagnant, ça me va bien de valoriser ce qui serait un déchet et qui est un coproduit local ! Nous avons juste changé notre remorque plate un peu plus tôt que prévu, et nous l’attelons derrière le 4 × 4 pour rapporter 4 à 5 bacs de 250 kg par semaine. Avec la circulation autour de Bordeaux, aller chercher les drêches prend environ 2 heures deux fois par semaine, mais comme je ne les paye pas, c’est intéressant. » Elles sont ensuite stockées, inertées, en big bag juste devant l’auge. Leur production n’a cessé de croître depuis l’été dernier, ce qui a permis à Vincent d’en généraliser l’usage à l’ensemble de son cheptel. Il utilise déjà des coproduits issus d’une usine de maïs doux, à raison d’une centaine de tonnes par an. « Pour l’instant, il ne nous coûte pas trop cher, environ 20 €/t livrée. » Mais le développement des méthaniseurs va faire pression sur cette ressource, la drêche arrive donc à point nommé.

Les volumes de drêches fournis étant trop faibles pour réaliser une analyse par lot, l’éleveur se cale sur les valeurs de l’analyse réalisée au démarrage de ce partenariat : 19 % de MAT, 30 % d’amidon et 22 à 23 % de MS. Ces valeurs étant en réalité fluctuantes, « nous apportons donc les drêches davantage en volume de seaux de 10 litres qu’en poids ».

Comme un fourrage

« Nous avons commencé par les distribuer aux génisses de renouvellement en complément du foin, à la place d’un aliment du commerce. Nous avons été satisfaits du résultat, et cet hiver, nous avons généralisé la distribution à toutes les primipares après vêlage. Nous utilisons les drêches un peu comme un fourrage, à raison de 6 kg par animal et par jour. » L’éleveur note qu’à la première présentation, les bovins semblent surpris, mais ils s’y mettent vite. « Ils sont plus calmes face aux drêches que face à un aliment consommé très vite comme une friandise, mais nous n’avons aucun refus. »

Écoulant la majeure partie de sa production en vente directe, l’éleveur n’a pas eu de retours de la part de ses clients sur une éventuelle évolution de la qualité de la viande.

Yanne Boloh
L’herbe reste la base de l’alimentation

L’exploitation comporte deux sites : 15 ha de prairies à Saint-Médard-en-Jalles, et 205 ha dans le Médoc, à 63 km du siège. « Il y a 15 ha de luzerne, et tout le reste en herbe », explique Vincent Monchany. Ces surfaces correspondent à la taille du troupeau de 120 vaches blondes d’Aquitaine et leur suite, soit 260 à 300 animaux présents selon la période de l’année.

La base de l’alimentation reste l’herbe : pâturée, enrubannée ou fanée. « Nous sommes en train d’améliorer la production de nos prés, qui sont majoritairement en graminées, en y implantant du trèfle. Et nous allons tenter le pâturage tournant dynamique sur une partie des lots », prévoit l’éleveur.

Valorisation. Vincent Monchany valorise les drêches sur les génisses de renou­vellement et les primipares après vêlage. Avec un taux de MS variable, elles sont plutôt utilisées comme un fourrage.
Plus d'infos sur le sujet

Génisses (à partir de 3-4 semaine avant vêlage) :

mélange 1/3 de foin et 2/3 de coproduits de maïs doux,

6 kg brut de drêches,

2 kg de complément du commerce (17 % de protéines).

Primipares (du vêlage à la mise à l’herbe) :

mélange 1/3 de foin et 2/3 de coproduits de maïs doux,

6 kg brut de drêches,

2,2 kg de complément du commerce (17 % de protéines).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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