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« Des charolaises en montagne »

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Race. Jean-Pierre Tixador a choisi d’élever des charolaises : « Cette race à viande est connue des consommateurs, c’est un atout en vente directe. » © PHOTOS : F. E.

Jean-Pierre Tixador élève 120 vaches allaitantes sur deux sites, pour l’hiver et pour l’été.

Les saisons rythment la vie des 120 charolaises de Jean-Pierre Tixador, éleveur en bio dans les Pyrénées-Orientales. « Le troupeau hiverne sur 400 hectares de prés et de parcours à Sournia, entre 500 et 1 100 mètres d’altitude. Vers la mi-mai, quand la chaleur arrive, il monte jusqu’à Réal, dans le Capcir, où se trouve le siège d’exploitation. Les vaches y estivent entre 1 400 et 1 600 m d’altitude, avant de redescendre aux premières neiges, en octobre ou novembre », explique Jean-Pierre. Dans le piémont, grâce aux températures douces, les bêtes passent l’hiver en plein air. « Je n’ai que deux petits bâtiments, l’un pour les vêlages et l’autre pour l’engraissement », ajoute-t-il. Allotées dans des parcs, vaches et génisses disposent de foin à volonté, en complément du pâturage, et peuvent s’abriter sous les sous-bois. « Avec ma salariée, nous faisons le tour des parcs chaque matin pour vérifier que tout va bien. »

Les vêlages s’étalent de fin novembre à fin mai. « Je rentre les vaches en bâtiment dix jours avant la date prévue, pour les surveiller, explique Jean-Pierre. Quand leur veau tête bien, je les mets dans un parc réservé aux vaches suitées, où je donne à chacune 1 à 1,5 kg de concentré fermier par jour. » Les primipares, conduites à part,en reçoivent 2 kg. « Ce mélange d’orge, triticale et pois bio, acheté en direct auprès d’un céréalier, coûte 360 €/t ». L’été, l’éleveur suit le troupeau et s’installe dans sa maison du Capcir. Il fait tourner les génisses et les bœufs castrés sur 50 ha de pâtures. Avec une flore diversifiée et riche en légumineuses, aucune complémentation n’est nécessaire. Les vaches et leurs veaux sont gardés par un vacher sur une estive de 500 ha. Pendant ce temps, Jean-Pierre fait les foins sur ses deux sites : « Avec 100 ha de prés en montagne et 18 ha en piémont, je produis les 1 200 balles dont j’ai besoin. »

Des animaux de gabarit moyen

Dociles, ses charolaises sont faciles à manipuler et s’adaptent bien à la montagne. « Leur seul défaut : ne pas aller chercher l’herbe dans les zones difficiles d’accès, explique-t-il. Il faut les déplacer souvent. » Il recherche aussi des animaux de gabarit moyen. « Quand j’achète de nouveaux taureaux en Saône-et-Loire, je regarde avant tout la facilité de naissance, ainsi que le potentiel laitier des mères, la croissance et la conformation des veaux.  »

Jean-Pierre finit ses animaux deux à trois mois, avant de les faire abattre. Il obtient des carcasses de 170 à 200 kg pour des veaux de sept mois, de 350 à 420 kg pour de jeunes vaches, et de 420 kg pour des bœufs de trois ans. Le rendement en viande est supérieur à 68 %. « Je valorise tout en direct, ajoute-til. Avec des animaux qui pâturent toute l’année, cette viande a un goût spécifique, que mes clients apprécient. »

Frédérique Ehrhard
Moins de primes

En piémont, les vaches entretiennent le milieu et contribuent à la prévention des incendies. Elles pâturent dans des sous-bois où elles consomment des châtaignes. Mais cette ressource n’est plus prise en compte dans la Pack. « Cette année, j’ai dû sortir 100 hectares de ma déclaration », souligne Jean-Pierre Tixador.

Des frais de transport élevés

Avec deux sites d’exploitation distants de 80 kilomètres, le transport constitue un coût important. « Dans la saison, je fais 6 000 km en tracteur », souligne Jean-Pierre Tixador, qui est équipé de deux tracteurs, de 160 et 200 ch. Chaque trajet nécessite trois heures. « Avec une bétaillère de dix-sept places, il me faut dix voyages pour monter tout le troupeau », note-t-il. Pour descendre le foin sur le site d’hivernage, il compte une vingtaine de voyages.

L’abattage se fait à Pamiers, dans l’Ariège. « J’y ai trouvé un atelier de découpe où le travail est bien fait. Tous les quinze jours, j’y amène un à deux veaux et une à deux vaches, avec une petite bétaillère. Puis, je reviens faire les colis, avant de livrer dans l’Ariège, les Pyrénées-Orientales et l’Aude, avec l’aide d’un salarié occasionnel. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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