Le programme franco-belge Protecow, piloté par Inagro (Belgique) et conduit par l’Institut de l’élevage (Idele) et Avenir conseil élevage côté français, a pour objectif d’améliorer la rentabilité des exploitations laitières via le volet alimentation. La dépendance de certaines fermes au tourteau de soja importé est l’un des chevaux de bataille du programme. Outre la volatilité de son prix, des problématiques environnementales posent également question. Cinq alternatives ont été présentées début avril (1).

Rentabilité du tourteau de colza

Dans le cas d’une exploitation à faible SAU, la substitution du tourteau de soja importé par du tourteau de colza est l’option la plus simple. Pour une vache laitière à 9 700 kg/an, 1 kg de tourteau de soja peut être remplacé par 1,13 kg de tourteau de colza, 330 g de tourteau de colza tanné, plus riche en PDI (protéines digestibles dans l’intestin) et un peu d’orge. Si la quantité de concentrés distribuée grimpe, la marge nette de l’exploitation est optimisée. D’après les données de l’observatoire Inosys sur la période 2013-2017, le prix du tourteau de colza (254 €/t) est bien inférieur à son équivalent à base de soja (406 €/t). À cela s’ajoute une légère hausse de la production laitière, de l’ordre de + 0,6 kg/VL/jour de lactation. La baisse du TP (taux protéique), d’environ un point, et la fluctuation du rapport de prix soja/colza sont toutefois à considérer.

Miser sur l’herbe

Pour les rations basées sur l’herbe et le maïs conservés, faire grimper la qualité de l’ensilage d’herbe de + 0,07 UFL/kg de MS et + 1,6 point de MAT (matières azotées totales) en jouant sur la date de fauche permet d’économiser presque un quart du tourteau de soja distribué. Cette stratégie n’affecte pas le potentiel de production des vaches.

Autre option, remplacer partiellement le tourteau de soja importé (< 50 %) par de la féverole toastée maison. La productivité des laitières est là aussi maintenue mais l’amélioration de la marge nette de l’exploitation dépend du bon rendement de la féverole. Le coût du toastage, soit environ 45 €/t en Cuma, est à prendre en compte.

Si la SAU accessible l’autorise, la conversion en agriculture biologique permet également de contrebalancer l’utilisation de correcteur azoté. Ainsi, pour une ferme type de 100 VL à 8 300 kg de lait par an, augmenter la part d’herbe pâturée et ensilée de la ration de 30 % donne la possibilité de diviser l’apport de soja par deux, voire plus. Sans acquisition de surfaces, l’augmentation de la part d’herbe dans l’assolement se fera principalement aux dépens des cultures de vente. L’intérêt économique de ce levier repose sur l’attractivité du prix du lait bio car la productivité des laitières recule d’environ 25 %. « Il faut aussi tenir compte de la faible disponibilité et le prix élevé du soja bio français », ajoute Benoît Rouillé, de l’Idele.

Enfin, si la ration initiale est essentiellement basée sur le maïs, l’implantation de dérobées après les céréales ou le maïs autorise à augmenter la part d’herbe conservée dans la ration des génisses (enrubannage) et des laitières (ensilage), et de fait l’autonomie alimentaire de la structure. Pour ces dernières, cela permet de réduire légèrement la part de soja et d’orge, à condition que le taux de MAT du fourrage soit au rendez-vous. Les conditions pédoclimatiques doivent donc être adaptées et le temps de travail supplémentaire n’est pas anodin.

Alexandra Courty

(1) Retrouvez le détail des simulations sur interreg-protecow.eu/documenten-documents

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