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De nouveaux index viande pour les races laitières mixtes

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Corrélations. En race laitière mixte, il est possible de sélectionner sur les aptitudes bouchères en jeune bovin sans pénaliser le progrès génétique laitier. © Christian Watier

Depuis l’été, les races montbéliarde, normande et simmental disposent d’index d’aptitude bouchère, établis à partir des données d’abattage des jeunes bovins.

«Entre 2006 et 2013, 25 % des jeunes bovins mâles abattus étaient de race laitière, et 86 % des veaux de boucherie étaient des croisés ou de race laitière », souligne l’Institut de l’élevage (Idele), mettant en évidence la part importante des races laitières mixtes dans l’approvisionnement des filières de viande bovine.

Depuis 2015, les taureaux montbéliards et normands disposent d’index établis sur les performances d’abattage de leurs veaux de boucherie. Ces performances sont enregistrées dans la base de données de l’interprofession, Normabev, qui contient l’ensemble des données des bovins abattus en France. Ainsi, chaque taureau bénéficie du calcul de quatre index élémentaires (âge à l’abattage, poids de carcasse, conformation et couleur de la viande) qui, combinés, donnent l’index de synthèse « aptitude bouchère veaux de boucherie » (lire ci-contre).

Les équipes de l’Inra, de l’Idele et d’Allice (1) ont officialisé, en juin dernier, un nouvel index d’aptitude bouchère établi à partir des performances d’abattage des jeunes bovins. Les index élémentaires sont les mêmes qu’en veaux de boucherie, à l’exception de l’index couleur de la viande, qui n’est pas calculé. Les taureaux montbéliards, normands et simmentals bénéficient donc d’un nouvel index dénommé « aptitude bouchère jeunes bovins », désormais visible sur les catalogues (lire ci-contre).

Indexation génomique

Depuis le mois d’août dernier, les races montbéliarde et normande disposent également d’un index génomique d’aptitude bouchère, tant pour les veaux de boucherie que pour les jeunes bovins. En revanche, ce n’est pas le cas de la race simmental. « À ce jour, nous ne disposons pas de suffisamment d’individus génotypés pour établir une indexation génomique des aptitudes bouchères », précise Iola Croué, de l’Idele. La doctorante confirme par ailleurs « l’absence d’opposition génétique entre les caractères d’aptitudes bouchères et de production laitière sur les trois races mixtes ». En effet, les caractères d’abattage jeunes bovins sont favorablement corrélés avec les caractères de morphologie laitière (hauteur au sacrum, largeur de poitrine) et, dans une moindre mesure, avec les caractères de production (lait, TB, TP).

Vincent Guyot

(1) Fédération des entreprises françaises de sélection et de reproduction animales.

Aptitude bouchère

Veaux de boucherie : Conformation : 41 %Poids de carcasse : 36 %Âge à l’abattage : 12 %Couleur de la viande : 11 %

Jeunes bovins : Conformation : 70 %Poids de carcasse : 24 %Âge à l’abattage : 6 %

Expert
« Un produit viande à ne pas négliger » Antoine Rimbault, responsable technique de la race montbéliarde

«Les nouveaux index d’aptitude bouchère jeunes bovins seront regardés de près par les éleveurs qui engraissent des taurillons. Ils n’hésiteront pas à écarter les taureaux défavorables sur ce critère. Le produit viande n’est pas à négliger. Nous l’estimons supérieur de 30 €/1 000 l en montbéliarde, par rapport à une race purement laitière. Aussi, nous travaillons sur l’évaluation génétique des aptitudes bouchères en vaches de réforme, pour compléter les index existant pour les veaux de boucherie et les jeunes bovins. Nous nous penchons également sur l’importance des index viande dans l’Isu. Aujourd’hui, ils ne représentent que 5 % de l’index morphologie, lui-même comptant pour 12 % dans l’Isu. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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