Depuis que Michel Vagner a introduit du maïs épi complet dans la ration des taurillons, il y a une dizaine d’années, il est particulièrement satisfait des résultats technico-économiques obtenus. « C’est un aliment très sécurisant. Avec la ration sèche, j’avais toujours deux ou trois animaux par an qui météorisaient. Grâce à sa richesse en cellulose, l’épi fait tampon et ces problèmes ont disparu », explique l’agriculteur de Marange-Zondrange, en Moselle, à l’est de Metz.

Installé depuis 2007, Michel est à la tête d’une exploitation de 290 hectares, avec 240 ha de céréales, dont 30 ha de maïs. L’atelier engraissement produit 200 jeunes bovins par an. L’élevage comprend aussi un atelier de 25 mères allaitantes, 40 génisses à l’engrais, et 350 porcs charcutiers. Un magasin à la ferme commercialise les produits de la transformation.

Le changement dans l’alimentation des taurillons est intervenu en 2009, lors de la construction d’un nouveau bâtiment et le développement de la vente directe. « Je devais me dégager du temps, explique l’agriculteur. Pour augmenter les performances de croissance, mais aussi pour le confort des bêtes, j’ai choisi de mettre 23 animaux par box, contre 25 auparavant. Parallèlement, j’ai testé l’ensilage d’épis de maïs, d’abord introduit à hauteur de 20 % dans la ration, le reste étant constitué de céréales et granulés. J’ai constaté des bêtes mieux finies et bien conformées. Le mais broyé représente désormais 40 % du mélange. » Pour les taurillons, la ration quotidienne est constituée de 1 à 1,5 kg de paille, 10 kg du mélange « sec plus maïs ».

« Je n’ai pas de mélangeuse, précise l’exploitant, je mélange au godet à vis. J’observe les animaux, leur état, leur attitude, les bouses, et j’ajuste la ration en fonction. L’ambiance dans le bâtiment est meilleure, il y a moins d’odeur d’ammoniac qu’avec l’ensilage de maïs classique. »

Variété dentée

Pour l’atelier engraissement de jeunes bovins, les veaux, fournis par la coopérative Lorca élevage, arrivent sevrés à 8-10 mois. Ils repartent entre 17 et 20 mois, au poids moyen de 740 kg. Pour le GMQ, Michel Vagner est passé de 1 500 à 1 600 g, à 1 700-1 800 g. Le coût alimentaire varie entre 400 et 450 euros par taurillon fini. L’éleveur estime économiser entre 30 et 50 euros par animal avec le maïs épi.

Côté cultures, du maïs denté est utilisé. Il se valorise en grain ou en ensilage. La récolte de l’épi est réalisée à l’aide d’une ensileuse équipée d’un cueilleur à maïs de moissonneuse. Le reste de la plante est broyé, puis laissé sur place. Les quantités à manipuler sont moindres que pour l’ensilage plante entière. Le taux de matière sèche varie entre 50 et 55 %. Le stockage se fait dans un silo de 660 m3. Michel Vagner utilisait jusqu’à récemment un acide comme conservateur. Il est passé à un ferment naturel bio, deux fois moins cher. « Il y a très peu de pourri, souligne l’éleveur. Le produit se conserve très bien. »

Dominique Péronne

L’expert
« Une ration bien valorisée par les jeunes bovins »

« Le maïs épi est un aliment riche en énergie (1,05 UFV/kg de MS), avec une forte teneur en amidon et une teneur en cellulose quatre fois plus élevée que celle du maïs en grain. Pauvre en matière azotée totale, la ration qui l’incorpore doit être enrichie avec un correcteur. Le régime distribué donne de bons résultats de croissance, ce qui écourte la durée d’engraissement. Il n’y pas de contre-indication à utiliser du maïs épi en ration de base pour l’engraissement de jeunes bovins capables de bien valoriser une alimentation très énergétique, comme en races charolaise, limousine, blonde d’Aquitaine. »

Pascal Kardacz, responsable technique Lorca-Elevage