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Assurer une bonne stabilité aérobie de l’ensilage de maïs

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La qualité de conservation de l’ensilage dépend, notamment, de la production des acides acétique et propionique par des bactéries naturellement présentes sur les feuilles de maïs. © S. Leitenberger

La capacité du fourrage à s’opposer à la prolifération de micro-organismes se joue dès la confection du silo.

Tassement, températures, pH final, variétés de maïs… Malgré des conditions d’ensilage parfois très proches les unes des autres et le respect des bonnes pratiques, il se trouve toujours des silos qui sont plus sensibles que d’autres aux phénomènes d’échauffement et de dégradation de qualité lors de l’ouverture du tas.

Pour Yann Martinot, directeur technique de l’entreprise de conseil en élevage Elv’Up, l’explication se trouve en grande partie dans la diversité des mécanismes biochimiques qui se déroulent au cours des premiers jours de fermentation du silo. « C’est lors de cette phase que le fourrage acquiert sa stabilité aérobie, c’est-à-dire sa capacité à s’opposer au développement des micro-organismes en présence d’air », explique-t-il.

La stabilité aérobie se définit par « le temps nécessaire à l’ensilage mis au contact de l’air et placé à 20 °C pour monter de 2 °C, poursuit Yann Martinot. Ce délai varie de 200 heures, dans le cas d’une bonne stabilité, à moins de 24 heures. Les éleveurs peuvent réaliser eux-mêmes cette mesure, qui permet d’anticiper le comportement d’un ensilage sur le front d’attaque et sa capacité à résister à des situations difficiles. » Cette résistance dépend, notamment, du tassage et de la quantité d’oxygène emprisonnée dans le silo lors de sa confection. Plus il y a d’oxygène, plus il s’y développe des colonies importantes de champignons et de levures indésirables, prêtes à reprendre leur activité lors de l’ouverture du silo. « Mesurer la présence de champignons permet d’apprécier ce phénomène. Un silo à 1 million de germes par gramme est plus stable qu’à 10 milliards », souligne le spécialiste.

Sucres résiduels

Les sucres présents après la fermentation sont aussi très favorables au développement de micro-organismes indésirables. « Nous ne maîtrisons pas les concentrations en sucres résiduels, poursuit-il. Cela dit, il est possible de réaliser des analyses afin d’évaluer le risque d’une mauvaise conservation du fourrage. »

Le processus de dégradation des sucres solubles durant la fermentation aboutit également à la production d’acide acétique et d’acide propionique. Leurs propriétés fongicides jouent un rôle essentiel dans la stabilité du fourrage. Leur proportion optimale se situe entre 1 et 2 % d’acide acétique et de 0,5 % d’acide propionique. Les bactéries capables de produire ces acides sont naturellement présentes sur les feuilles de la plante de maïs. « Cependant, il est difficile de prévoir et de contrôler l’action de cette flore au silo, constate Yann Martinot. L’utilisation de conservateurs utilisant à 100 % des souches de bactéries hétérofermentaires est parfois envisagée pour orienter la fermentation en ce sens. »

Alexis Dufumier

À savoir

Après fermentation, la température normale d’un silo est comprise entre 10 et 15 °C. Elle peut être estimée en prenant la température du jour de récolte, additionnée de 5 à 7 °C pour la fermentation, puis soustraite de 1 °C par mois de vie du silo.

« Le pH n’est pas gage d’une bonne conservation »

« Un silo dont le pH augmente (baisse d’acidité) en cours de conservation est un signe de dysfonctionnement, explique Yann Martinot. Cela révèle la consommation de l’acide lactique par les bactéries aérobies. Cependant, un silo à pH 3 ne sera pas forcément plus stable qu’un silo à pH plus élevé. En effet, toute une partie de la flore aérobie est active jusqu’à pH 2, à l’exception des butyriques. La stabilité d’un ensilage dépend surtout de la qualité des acides produits. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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