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Connaître les besoins en complémentation minérale

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Suivi indivuel. Les blocs et seaux à lécher sont une solution de complémentation au pâturage, mais ils ne permettent pas de vérifier la consommation de chaque animal. © CH. WATIER

L’excès d’un minéral pouvant bloquer l’assimilation d’un autre, il est essentiel d’évaluer les besoins du troupeau selon la nature des sols et de la ration.

«Selon les régions, l’assimilation des minéraux par les bovins n’est pas la même, explique Philippe Dubois, vétérinaire au groupement de défense sanitaire (GDS) de Charente. Par exemple, les terres au PH acide contiennent beaucoup de fer, qui peut perturber l’absorption de certains éléments. Quant aux terres crayeuses, dont le PH est élevé (8), elles bloquent le magnanèse, le cuivre et le zinc. » Pour coller au plus près des besoins de son troupeau, il est donc essentiel de connaître le profil de ses sols, celui de sa ration, et celui d’un échantillon d’animaux, par prise de sang (lire l’encadré).

« Les éléments interfèrent les uns avec les autres et l’excès de l’un peut bloquer l’assimilation d’un autre, précise Philippe Dubois. En Charente, les vétérinaires ont constaté qu’une épidémie de diarrhée sur des veaux était simplement liée à la forte présence de soufre dans les terres riches en gypse, qui empêche l’absorption du sélénium. Il a suffi de complémenter les animaux pour enrayer le problème. »

Risques de carence

La complémentation minérale en troupeau laitier pose en général peu de soucis, car elle est régulière, les vaches mettant tous les jours leur nez dans l’auge. « En allaitantes, c’est plus compliqué, constate le vétérinaire. Car dès la mise à l’herbe, la mise à disposition des minéraux ne va pas de soi. Or, on ne peut pas laisser des animaux sans soutien minéral pendant sept ou huit mois, surtout dans les périodes physiologiques critiques. » Chez les laitières, les éventuels problèmes sont davantage liés à l’interférence entre éléments, causée par le déséquilibre d’une ration consommée quotidiennement. Les allaitantes, elles, risquent plutôt de souffrir de carences à certains moments de l’année. Bien sûr, il existe des blocs ou des seaux à lécher mis à disposition dans les pâtures. « Mais comment savoir qui consomme quoi ? », interroge le vétérinaire. Pour lui, la meilleure solution reste le bolus, certes coûteux, mais dont l’efficacité court sur plusieurs mois. Il existe aussi des engrais enrichis, en sélénium par exemple, à épandre sur les prairies, mais Philippe Dubois les déconseille. Ils seraient moins efficaces qu’un apport direct à l’animal, la plante absorbant plus ou moins bien les oligo-éléments. Attention aux conseils qui sont davantage des arguments de vente que des solutions à un problème. En matière de complémentation, mieux vaut se faire aider par un tiers indépendant, conseille Philippe Dubois. Il existe un élément sur lequel il ne tergiverse pas : c’est le sel, qui doit être disponible en libre-service toute l’année. « Il est nécessaire pour produire de la viande et du lait, affirme le vétérinaire. Les animaux se régulent seuls. »

Hélène Chaligne
Références journalières

Zinc : 5 000 à 6 000 mg/kg

Magnanèse : 5 000 à 6 000 mg/kg

Cuivre : 1 000 à 1 500 mg/kg

Iode : 80 mg/kg

Cobalt : 40 mg/kg

Sélénium : 20 à 25 mg/kg

Évaluer le profil métabolique

Le profil métabolique, dont le coût est d’une centaine d’euros pour quatre échantillons de sang, permet d’estimer les carences, afin d’adapter au mieux les apports en minéraux. « Mal utilisés, ces derniers peuvent être toxiques, insiste Philippe Dubois, qui recommande de vérifier l’équilibre de la ration en énergie, en azote, en calcium et en phosphore. Les analyses doivent être interprétées par le vétérinaire familier de l’environnement et l’élevage. À l’œil, la carence comme l’excès minéral sont difficiles à diagnostiquer. « Certains symptômes sont caractéristiques, décrit-il. Les troubles de la peau, comme la dépilation autour des yeux, ou les verrues, en font partie. C’est un phénomène courant dans des troupeaux nourris avec une ration riche en calcium, qui interfère dans l’assimilation du cuivre et du zinc. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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