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« Avec la peste porcine africaine, nous redoublons de vigilance »

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Pour répondre aux exigences de biosécurité, des panneaux délimitant différentes zones sont en passe d’être installés sur l’élevage de Pascal (à gauche) et Jean-Luc Brier (à droite). © D. Peronne

Producteurs de porcs en vente directe dans le nord de la Moselle, les frères Brier renforcent les mesures liées à la biosécurité sur leur élevage.

Pascal et Jean-Luc Brier sont associés au sein de l’EARL de la ferme Brier à Havange, en Moselle. Sur cette exploitation de 35 ha, uniquement en céréales affectées à l’alimentation des animaux, ils produisent 250 porcs par an valorisés en circuits courts via un magasin à la ferme et des marchés. Cinq à dix animaux sont abattus par semaine. Pascal a en charge la partie cultures ainsi que le suivi administratif et comptable, tandis que Jean-Luc s’occupe de l’élevage et de la transformation…

En novembre dernier, ce dernier a suivi une formation sur la biosécurité, organisée par la chambre d’agriculture de Moselle, dispensée par Pascal Messin, vétérinaire. « Ce programme d’une journée avait pour objectif de nous expliquer les mécanismes de la peste porcine africaine (PPA) et de mettre en évidence les points de vulnérabilité sur nos élevages respectifs, principalement les entrées et sorties », précise Jean-Luc.

Dans ce secteur du nord de la Moselle, situé à une demi-heure de la frontière avec la Belgique, les éleveurs sont très vigilants depuis l’annonce des premiers cas de PPA dans ce pays voisin. Les mesures demandées par la DDPP (1) vont entraîner un certain nombre d’aménagements sur les bâtiments.

Peu de mouvements d’animaux

« Ce n’est pas le premier épisode à risque. Nous sommes habitués à faire très attention, souligne Pascal. D’autant que nous faisons abattre nos bêtes à Virton, en Belgique, à quarante-cinq minutes d’ici. Depuis huit ans, l’abattoir de Metz a cessé de prendre les porcs, car il s’est spécialisé dans la viande bovine. Continuer à franchir la frontière nous demande encore plus de rigueur sur les papiers à produire. »

Jean-Luc emmène les porcs tous les lundis matin à Virton. Après réception, il désinfecte le camion sur place, en étant très soigneux sur le lavage des roues. Il doit également changer de tenue. Le mardi, il récupère les carcasses, avec moins de contraintes puisqu’il ne s’agit plus d’animaux vivants. « Le fait de travailler en bâtiments fermés sans forêts à proximité nous expose moins, estime-t-il. Nous ne poussons pas la croissance des animaux, nous les gardons un an, jusqu’à un poids de 120 kg. Il y a peu d’entrées et de sorties sur l’élevage, ce qui réduit fortement les risques. » Les éleveurs travaillent avec deux races, des gascons et des croisés piétrain × large white × landrace. Les premiers sont issus de la maternité sur place. Les seconds sont achetés au stade 8 kg dans la coopérative Porci-Est.

Depuis plusieurs années, il existe un projet d’abattoir de proximité au nord de la Moselle. Il prend, enfin, forme en raison du développement important des circuits courts sur ce secteur à forte densité de population, au bon pouvoir d’achat, incluant le Luxembourg. Les deux frères y sont impliqués, au sein d’un petit groupe d’une quinzaine d’agriculteurs. « Avec Virton, nous sommes toujours sur le fil, admet Pascal. La fermeture des frontières nous obligerait à aller faire abattre nos animaux beaucoup plus loin. Cet abattoir local nous permettrait de travailler plus sereinement. »

Dominique Péronne

(1) Direction départementale de la protection des populations.

À chaque zone son panneau

Dans le cadre des modifications à apporter pour respecter les nouvelles règles de biosécurité, un sas de désinfection va être aménagé à l’entrée des bâtiments d’élevage. Une signalétique précise sera également mise en place. « Il y aura trois zones, souligne Jean-Luc. Une d’élevage, où nous seuls pourrons entrer, une zone « exploitation » où seront stockés les aliments ainsi que les effluents, et celle réservée au public. Les panneaux doivent permettre d’éviter que les camions d’aliments, par exemple, rentrent dans la zone d’élevage. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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