Largement utilisés en élevages de porcs et de volailles, les autovaccins étaient interdits sur les bovins, ovins et caprins depuis 2003. La faute aux encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST), en raison d’une suspicion de transmission du prion par ce biais. Depuis, l’Anses (1) a révisé sa position, qualifiant le risque de négligeable. L’arrêté du 14 novembre 2016, il y a tout juste un an, rétablit la possibilité d’utiliser les autovaccins chez les ruminants. Il était impatiemment attendu par les éleveurs ovins et caprins, parents pauvres des solutions vaccinales.

L’autovaccin est un vaccin inactivé préparé à partir de germes pathogènes isolés sur un animal d’un élevage donné. Son utilisation est limitée :

Ne sont concernées que les espèces bactériennes (autovaccins interdits sur virus) : salmonelles, staphylocoques, streptocoques, pasteurelles…

Ne sont concernées que les infections pour lesquelles il n’existe pas de vaccin disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), ou pour lesquelles il a été prouvé que le vaccin existant n’est pas efficace.

Enfin, l’autovaccin est autorisé uniquement dans l’élevage concerné, et pour l’espèce sur laquelle le prélèvement a été réalisé.

Fabriquer un autovaccin est néanmoins intéressant quand les souches bactériennes incriminées sont très spécifiques, et contre lesquelles il n’existe pas de vaccin efficace. Un autovaccin peut cibler des mammites, des salmonelloses, en particulier abortives, les pasteurelloses, certaines diarrhées à colibacilles, des infections respiratoires d’origine bactérienne…

Du « sur-mesure »

La fabrication d’un autovaccin passe par plusieurs étapes : tout l’abord, le vétérinaire doit constater l’échec thérapeutique de vaccin avec AMM, ou l’absence de vaccin efficace. Puis, il fait un prélèvement d’une « matrice » (support de prélèvement) et l’envoie à un laboratoire. Ce dernier isole la souche bactérienne et l’envoie à un fabricant. « Il ne faut pas se tromper de cible, souligne Thomas Pavie, du laboratoire Filavie (2). La réussite d’un autovaccin repose sur la qualité du diagnostic et du prélèvement. » Par ailleurs, ce n’est pas une solution pour une vaccination d’urgence : sa fabrication exige six à neuf semaines. Le coût est d’environ 2 euros par dose, davantage que pour un vaccin classique. Mais « l’autovaccin est spécifique aux bactéries de l’élevage, c’est du sur-mesure », souligne Thomas Pavie. Et il a toute sa place dans l’arsenal thérapeutique pour limiter l’usage des antibiotiques donc l’antibiorésistance.

Elsa Casalegno

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

(2) Agréé depuis juin 2017 pour la fabrication d’autovaccins.

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