«L’eau est le moteur de la vie. Des principes assez simples permettent un accès en quantité et en qualité, expliquait Pierre-Emmanuel Radigue, docteur vétérinaire chez 5mVet, cabinet de conseil en élevage, lors d’une formation pour les éleveurs, proposée par le GDS du Puy-de-Dôme. L’apport journalier pour des vaches taries et des génisses est de 40 à 50 l, et même 60 l s’il fait chaud. Pour une vache laitière produisant 30 l de lait par jour, le besoin est de 120 à 130 l, porté à 250 l en cas de chaleur. Une restriction en eau induit une perte immédiate de 20 à 50 % de la production de lait. »

Un accès à l’eau quantifié en mètre linéaire

Pour les vaches allaitantes suitées, qui en exigent 70 à 80 l/jour, un apport insuffisant d’eau impacte le système digestif (diminution de l’efficacité alimentaire, perte de GMQ (1)) et la physiologie musculaire (problèmes de rendement, de couleur, de pH…). Les effets sont moins rapidement visibles qu’en production laitière. Un manque d’eau perturbe également le métabolisme hormonal et augmente les risques de pathologies respiratoires et cutanées.

« L’accès à l’eau se quantifie en mètre linéaire. Comptez 10 m pour 100 vaches (10 cm/animal) en milieu tempéré pour une production moyenne, 20 m pour une bonne production en milieu plus chaud », poursuit Pierre-Emmanuel Radigue. Au pâturage, où tout le troupeau se retrouve au point d’eau au même moment, un accès efficace se traduit par 10 à 20 cm/bête, soit 4 m pour 20 vaches allaitantes et leurs veaux avec des abreuvoirs accessibles de part et d’autre. Les recommandations portent sur une eau douce de 8 à 20 °C, en contact de gros bacs à niveau constant, en pierre et en ciment plutôt qu’en ferraille ou en plastique. Les eaux stagnantes sont déconseillées car plus chaudes, plus pathogènes et malodorantes.

De l’eau plus ou moins hydratante

« Pour être hydratante, l’eau a besoin d’une énergie électromagnétique, indique le vétérinaire. C’est le cas d’une eau de cascade, de ruisseau, d’orage… Il existe différents procédés de dynamisation de l’eau. Un équilibrage géobiologique de l’exploitation est souvent nécessaire s’il n’a pas été réalisé avant la construction d’un bâtiment. Nous conseillons aux éleveurs de vérifier si l’hydratation des animaux est correcte. Il suffit d’utiliser un réfractomètre à densité urinaire (prix moyen de 40 €). La mesure peut également se faire sur une goutte de lait du tank chez les éleveurs laitiers. »

Monique Roque-Marmeys

(1) Gain moyen quotidien.

Témoin
« Nous avons amélioré la santé et la conformation des animaux » Nicolas Dayde, éleveur à Lautrec, dans le Tarn

« Depuis deux ans, mon père et moi repensons notre système avec l’appui technique de 5mVet. Avec 200 ha et 140 blondes d’Aquitaine inscrites, nous produisons des broutards mâles, des génisses de reproduction et des vaches de réforme finies. Outre l’implantation de prairies temporaires et l’arrêt du maïs ensilage, nous avons amélioré la qualité de l’eau distribuée avec un appareil de traitement naturel (système « Anaqua »). En un mois, nous avons constaté un poil plus fin et brillant, allant jusqu’à faire apparaître les écussons caractéristiques de la race. Les animaux sont plus résistants. Nous avons diminué les frais vétérinaires de près de 50 %. Dans le bâtiment, nous avons troqué nos abreuvoirs à pipettes pour des auges, à raison de 2 m linéaires pour 20 animaux. Nous attribuons à un meilleur abreuvement et à une ration bien équilibrée, une progression des performances de reproduction et d’engraissement, ainsi qu’une amélioration de la conformation des vaches finies (de U - et U = à U = et U +). »