" Les éleveurs à bout de nerfs », alerte la Coordination rurale (CR), dans un communiqué publié le 25 janvier 2023. Le syndicat indique avoir manifesté son insatisfaction à l’égard de la gestion de la crise d’influenza aviaire auprès de Hadrien Jaquet, conseiller en productions animales du cabinet de Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture.

Plusieurs sujets ont été mis sur la table, à commencer par celui de l’avance sur indemnisation sanitaire, destinée aux éleveurs ayant subi un dépeuplement. Elle s’élève à 75 % de la valeur marchande objective (VMO) du cheptel, somme qui « ne permet même pas de couvrir les frais engagés pour démarrer la production ». Le syndicat demande une augmentation de cette avance à 95 %, « au regard de l’augmentation des charges depuis l’an dernier ».

« Graves manquements » lors des dépeuplements

S’agissant des opérations de dépeuplement, la CR dénonce de « graves manquements » en raison de « mauvais respect de la biosécurité, du bien-être animal et des éleveurs ». « Si l’administration continue de fermer les yeux sur le comportement des équipes de dépeuplement, les éleveurs, garants du respect de la biosécurité et du bien-être sur leur exploitation, refuseront l’accès des équipes ».  

Le syndicat envisage même de procéder, avec la présence d’huissiers, à des " prélèvements sur le matériel employé pour analyse dans le but de s’assurer que le virus n’est pas ainsi propagé d’une exploitation à l’autre. »

Quant aux perspectives de remise en place d'animaux, la CR appelle à la prudence, en particulier en région Pays de la Loire. « Nous ne voulons pas remettre en production si nous n’avons pas la garantie de pouvoir mener les lots à terme », déclare Guy-Marie Clergeau, responsable production volailles de chair du syndicat. Il propose de « permettre aux éleveurs de dindes et de canards d’arrêter la production jusqu’à fin mai ».