Bien que les protéines transformées de ruminants soient toujours interdites pour nourrir les animaux d'élevage, "la possibilité d’utiliser d’autres sous-produits, à savoir la graisse, le collagène ou la gélatine, est envisagée", explique l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), dans un avis publié le 1er décembre 2022.

Afin d'éviter tout risque de transmission d’encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), notamment bovines (ESB), ces sous-produits de ruminants ne devraient être utilisés que sous "certaines conditions", indiquent les experts. 

Projections de moelle épinière

Car si la France a recouvré le statut de "pays à risque négligeable" vis-à-vis de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), "la possibilité que quelques cas asymptomatiques transitent par les abattoirs n'est pas exclue", alerte l'Anses.

Le peu de données disponibles suggère que les prions, qui induisent l’ESB, ne s’accumulent pas dans les graisses des bovins infectés. En revanche, l'Anses pointe un risque de contamination des graisses par des projections de moelle épinière. Elle recommande que des études soient conduites pour "quantifier les projections de moelle épinière sur les tissus adipeux, en tenant compte des pratiques actuelles en abattoir". 

Les graisses de petits ruminants jugées trop dangereuses 

Dans l'attente de recherches complémentaires, les experts considèrent que la graisse des bovins âgés de moins de quatre ans peut être utilisée pour l'alimentation animale, compte tenu du risque négligeable de transmission de l'ESB. 

Dans le cas de la production du collagène et de la gélatine de bovins, l'Anses préconise de ne pas utiliser les colonnes vertébrales des bovins âgés de plus de 30 mois. 

S'agissant des petits ruminants, l'utilisation de leurs graisses est fortement déconseillée. "Le nombre de tissus susceptibles d’être infectés par l’agent de la tremblante, une autre EST, est trop élevé", juge l'agence.