1 million de tonnes, c'est l'estimation de la demande en concentrés bio du Céréopa pour La Coopération Agricole. Ce chiffre, évalué sur la période 2019-2020, englobe les matières premières utilisées directement par les éleveurs et l'aliment du commerce.

L'œuf bio, le plus gourmand

La filière des œufs est la plus gourmande. Elle représente 38% de cette demande. Suivent les vaches laitières pour 23 %,  les petits ruminants pour 12 %, les poulets et les porcs pour chacun 11 %, et les bovins viande pour 5 %. L’ensemble des ruminants compte pour seulement 40 % des volumes de concentrés nécessaires.

Avec 610 000 tonnes produites, les aliments du commerce représentent 64 % de l’offre. Les fabricants d’aliments fournissent 70 % des protéines (hors fourrages et pâturage). Maïs, tourteau de soja et triticale totalisent près de 50 % des matières premières produites dans les usines bio. Les aliments pour volailles sont en majorité produits dans les usines à la différence des aliments destinés aux ruminants.

Dans les fermes bio, 66 à 74 % des matières premières disponibles pour les éleveurs suffiraient pour couvrir leurs besoins pour confectionner l’aliment fermier, estime le Céréopa. Les volumes de concentrés distribués pourraient être supérieurs à l’optimum technique, mais les disponibilités ont aussi pu être surévaluées, les rendements étant difficiles à cerner. Par exemple, une partie du maïs grain a pu être récoltée en fourrages à cause de la sécheresse en 2019. Les pertes au stockage, les refus, le gaspillage... sont peut-être supérieurs aux estimations.

Dans les fermes, les céréales représentent 73 % des matières premières des aliments fermiers. Chez les fabricants, elles constituent près de la moitié du volume (49 %). 

Forte autonomie

À l'échelle du pays, l’autonomie alimentaire des concentrés est de 80 % pour le cheptel bio. Les ruminants dépassent les 90 %, alors que les filières des volailles et poules pondeuses n'atteignent que 70 % en raison de leur dépendance aux tourteaux et aux minéraux. Concernant les protéines des concentrés, l'autonomie du cheptel bio français atteint 69 %. La filière des bovins viande est la moins dépendante, une partie des protéines étant apportée par les fourrages.

La hausse de la demande en protéines liée à la hausse du cheptel (et notamment des filières œuf et lait) s'est traduite par une augmentation de l'utilisation de soja et par l'augmentation des importations de graines et de tourteaux, constate le Céréopa. Le taux d'incorporation chez les fabricants d'aliment est passé de 15 % à 17 % entre 2017 et la saison 2019-2020. 90 % du tourteau de soja sont utilisés par les fabricants.