Wohlfahrtia magnifica sévit toujours en 2022. « Pour autant, la zone historique d’action de cette mouche à myiases ne s’étend pas, observe Julien Bonnet, chercheur biologiste à la Coopérative départementale agricole d’action sanitaire (CDAAS) de la Haute-Vienne. Des cas ont été observés dès le printemps dernier alors que les températures « s’envolaient ». Les plus fortes pressions d’attaques sont ensuite apparues en septembre alors que les températures étaient encore très élevées.

« Terrain acide, humidité persistante conjuguée aux températures élevées favorisant la survenue de boiterie, semble fournir un substrat de ponte favorable, ajoute-t-il. Il semblerait toutefois que l’insecte se développe davantage là où la concentration ovine est assez marquée. »

Le nord de la Haute-Vienne et la Vienne en particulier constituent toujours « l’épicentre » de la zone d’action de Wohlfahrtia magnifica. Des bovins peuvent être touchés dans la zone ou en périphérie. Cela concerne le plus souvent des animaux porteurs de lésions récentes (écornage) ou des veaux naissants atteints au nombril.

Vigilance renforcée

« Depuis 2018, les éleveurs ont appris à se prémunir, ajoute Julien Bonnet. Ils se sont formés et ont adapté leurs pratiques. Ils sont maintenant particulièrement attentifs aux boiteries. Certains ont modifié leurs pratiques en ce qui concerne la caudectomie par exemple. Ils laissent une longueur de queue suffisante pour recouvrir la vulve et ainsi se protéger des myiases vulvaires. Ils sont attentifs à la moindre blessure et la traitent immédiatement. Aujourd’hui, par exemple, la majorité des éleveurs ne se risque plus à boucler ses animaux sans une désinfection optimale." Les dégâts occasionnés par la maladie sont tels qu’ils ont favorisé le renforcement des mesures d’hygiène (biosécurité) et la vigilance. Une multitude de « mesures barrières » se sont mises en place.

Le plan de prévention pour contenir les myiases (dues à Lucilia sericata et Wohlfahrtia magnifica) en fait partie. Il consiste à protéger les animaux l’aide d’antiparasitaire externe ou de répulsifs avant que les mouches ne déposent leurs larves. Le but est de briser le cycle biologique de Wohlfahrtia magnifica.

Traquer les boiteries

La prévention des pathologies du pied est également importante. "Le pied constitue, cette année, la principale zone d’infestation dans le département de la Haute-Vienne, précise l'expert. La moindre boiterie doit être repérée de manière à ne pas laisser une lésion s’installer car elle a de grandes chances d’être exploitée par la mouche pour y déposer ses larves." Cela vaut pour toutes les lésions, mais celles du pied sont à prioriser. Ainsi, le passage régulier des animaux dans un pédiluve sec peut prévenir et limiter différentes lésions du pied.

« L’étude sur un répulsif a donné de bons résultats, poursuit Julien Bonnet. Le produit doit maintenant passer les étapes réglementaires et logistiques pour être développé à grande échelle et être disponible auprès des éleveurs. »