"La rouge des prés, qui était à l'origine une race mixte, a conservé de bonnes qualités maternelles. Un atout qu'il faut préserver dans les lignées, tout en le combinant à d'autres gènes d'intérêt", rapporte Ophélie Priault, directrice de la Sica Domaine Rouge des Prés depuis le 5 septembre 2022.

Maintenir les facilités de naissance et gagner en conformation

Le travail génétique des éleveurs a déjà porté ses fruits sur les facilités de naissance, un critère qui était jusqu'ici souvent reproché à la race. "Lors de la dernière campagne de vêlage, 68 % des veaux sont nés sans assistance et 18 %, avec une aide facile", avance Ophélie Priault, ancienne inspectrice au Herd-Book Limousin. "Des césariennes ont été réalisées dans 3 % des cas et le taux de mortalité des veaux s'est établi à 6,3 %, signe d'une belle amélioration", calcule-t-elle.

La Sica souhaite poursuivre sur cette lancée, et travailler en parallèle sur l'amélioration de la conformation des animaux. "Gagner des points de classement tout en gardant la maîtrise sur le gène culard, c'est un des prochains défis à relever pour renforcer le positionnement de la rouge des prés en boucherie traditionnelle", indique Ophélie Priault. 

À la recherche de taureaux sans cornes

D'ici à la fin de 2023, le Domaine des Rues mise sur l'arrivée de la génomique pour accélérer le progrès génétique. "Nous allons démarrer ce chantier à l'échelle de la station d'évaluation, l'objectif étant de sélectionner une population bien connue pour partir sur de bonnes bases", fait savoir la nouvelle directrice. L'équipe s'intéresse également au gène sans corne : elle recherche actuellement des souches intéressantes en France et à l'étranger pour étoffer son offre. 

"Les éleveurs de rouges des prés veulent avancer sur la sélection génétique, poursuit-elle. Le taux d'insémination moyen dans les élevages le prouve : il figure parmi les plus élevés en allaitant (25 %)." 

Accroître les recrutements en station d'évaluation

Pour répondre à leurs attentes, la Sica cherche aussi à recruter davantage de veaux à la station de contrôle individuel. "Nous espérons accroître les entrées de veaux de qualité, et ce, au-delà du berceau pour permettre un bon brassage génétique", rapporte Ophélie Priault.

Les deux dernières ventes aux enchères de reproducteurs, tenues à la station en avril et en octobre 2022, témoignent déjà de signaux positifs. De nouveaux records ont été battus, tant sur le taux de vente qu'en termes de prix. "Le 19 octobre dernier, 26 taureaux sur un total de 27 ont trouvé acquéreur, pour une moyenne de prix supérieure à 4 000 €", se félicite Ophélie Priault.