« En 2021, la consommation de lait retrouve les niveaux pré-Covid avec 2,84 milliards de litres », explique Éric Forin, président de Syndilait, lors d’une conférence de presse ce mardi 10 mai 2022. Cette année 2021 marque donc le retour à la normale avec une consommation de lait qui retrouve son rythme de 2019 tout en continuant de s’imposer « dans le paysage de nos familles françaises ».

 

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Un retour à la normale

« En 2021, chaque français a consommé environ 43 litres de lait conditionné, précise Syndilait. La consommation apparente reprend son rythme d’évolution pré-Covid, après une année 2020 atypique, en raison de la présence accrue des Français à la maison ».

 

Au total, cela représente 2,84 milliards de litres de lait consommés en France sur l’année, soit une baisse de 5,6 % et 2,5 % par rapport, respectivement, à 2020 et 2019.

 

« Après la surconsommation pendant que les Français étaient confinés, on revient à certaines habitudes. Pour autant, quand on regarde les 2,27 milliards d’euros de lait conditionné, acheté en grande distribution, on se rend compte que c’est un produit phare de la grande distribution », détaille Éric Forin.

 

Représentant 12,5 % de l’ensemble des produits laitiers vendus en grande distribution, le marché du lait liquide a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de 1,2 % par rapport à 2019.

 

Pour Éric Forin, l’industrie laitière française « a réussi à proposer un produit pratique, sain, de pleine sécurité alimentaire, conditionné dans des emballages très technologiques qui permettent de garder en fond de placard, pas besoin de conserver au froid, un lait qui conserve toutes ces caractéristiques nutritives majeures et ses vitamines ».

Les laits UHT dominent toujours le marché français

En France, le lait UHT, de longue conservation, domine toujours le marché des laits liquides en 2021 avec 96,5 % de volumes en grande distribution. Si on observe globalement un recul des ventes de laits standards comme de laits spécifiques sur un an, certains produits échappent à la règle.

 

« Alors que les ventes de laits UHT standards enregistrent une baisse globale de −7,2 % en 2021 versus 2020 (−2,8 % versus 2019), ce n’est pas le cas du lait UHT entier, qui s’est fortement développé avec le retour des Français en cuisine durant les confinements », détaille Syndilait. Celui-ci enregistre +0,6 point de parts de marché sur l’ensemble des laits liquides conditionnés entre 2019 et 2021.

 

Pour le président de Syndilait, on assiste à « une rémanence de l’usage du lait entier pour les recettes à la maison. C’est quelque chose d’important car on peut penser que les Français vont continuer de se faire plaisir avec des plats accessibles grâce à ce produit abordable ».

 

De leurs côtés, les laits UHT aromatisés et pour enfants progressent respectivement de +12,5 % et +11 % en 2021, par rapport à 2020. « Les laits pour enfants continuent d’être un produit pratique, facile et accessible pour les ménages », ajoute Éric Forin.

Un besoin de revalorisation pour la filière

« Pour autant, ce produit a besoin de retrouver une certaine revalorisation, indique Syndilait. En 2021, le prix de vente au consommateur des laits liquides en grande distribution a ainsi plafonné à 0,99 €/litre en moyenne, soit seulement +2,1 % par rapport en 2020. Le prix du lait UHT demi-écrémé, le plus vendu en France (60 % de part de marché volume), n’a quant à lui augmenté que de +1,5 % versus 2020, pour s’établir à 0,83 € le litre ».

 

En raison de l’effet cumulé de la sortie du Covid et de la survenue de la guerre en Ukraine, la filière française du lait liquide conditionné, qui fournit la quasi-totalité du lait consommé en France, « se trouve confronter à des hausses drastiques de ses coûts de production ».

 

Les coûts de production qui sont aujourd’hui imposés à la filière comme dans beaucoup de secteurs de l’agroalimentaire, aussi bien sur l’électricité, le plastique ou le carton, font que les laiteries vont devoir supporter une hausse de 15 à 20 % en 2022. Avec une hausse de 20 % sur un produit à 83 centimes du litre, « c’est le moment de réellement crever ce plafond de verre des 1 euro du litre », estime Éric Forin.

 

En comparant ce 1 euro du litre de lait à divers produits du quotidien comme une baguette de pain, une boîte de 6 œufs ou un timbre, on se rend compte que ceux-ci dépassent très souvent les un euro. Pour Syndilait, « ces 20 % d’augmentation sont absolument nécessaires pour conserver la souveraineté de cette filière franco-française, depuis les éleveurs jusqu’au consommateur final, avec un lait qui reste un produit ultra-abordable pour l’ensemble des Français et des Françaises ».

Le lait, une source de souveraineté alimentaire

« 98,5 % du lait consommé en France est collecté et conditionné en France, indique Éric Forin. Nous sommes bien sur un sujet de souveraineté alimentaire français. » Depuis 2015, on peut observer une diminution « drastique » de 82 % des importations de lait liquide en France contribuant ainsi au développement de la souveraineté alimentaire.

 

En 2021, « l’excédent commercial est énorme » avec +140 millions de litres de lait. Le solde de la balance reste donc positif à +84 millions d’euros. Pour Syndilait, cette filière « est très honorable par rapport à l’économie française [et] joue réellement son rôle ».