« La grande majorité des matières premières utilisées en nutrition animale ont vu leur prix s’envoler depuis l’été 2020, et la tendance s’est accélérée sur le premier semestre de 2021 », s’inquiète François Cholat, président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia), à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 2 septembre 2021. Concrètement, la valeur du panier moyen des matières premières valorisées en alimentation animale a grimpé de 30 % en l’espace d’un an (selon l’indice IPAA).

 

Cette conjoncture haussière est plus alarmante encore dans le secteur du non-OGM. Depuis plusieurs mois maintenant, les tourteaux de soja se font rares sur ce marché. Résultat, la prime non-OGM est passée de 90 € la tonne en novembre 2020 à 290 €/t en juin 2021. « Les fabricants d’aliments font tout pour l’éviter mais il existe un risque de rupture d’approvisionnement sur cette matière première à court terme », prévient Philippe Manry, vice-président du syndicat.

Faire preuve de cohésion au sein des filières animales

Face à ces problématiques, le Snia agit, révision des formules et des flux d’approvisionnement, mais les marges de manœuvre s’amenuisent. « Nos entreprises ne sont pas assez rentables pour absorber à elles seules cette conjoncture capricieuse », souligne François Cholat. Il en est de même dans les élevages.

 

Afin d’assainir la situation sur le long terme, le Snia fonde ses espoirs sur le développement du plan protéines. Le syndicat espère également convaincre les autorités et les acteurs impliqués de lever le pied sur le développement des filières non-OGM.

 

Dans son dossier de presse, le Snia assure que « la situation que traversent les filières animales représente l’épreuve du feu pour les dispositifs législatifs mis en place pour assurer le revenu des agriculteurs dont les éleveurs », le tout sans mettre en péril les acteurs de la filière. Il est notamment question de la loi Egalim. « Si un maillon se rompt, la chaîne entière va en pâtir », alerte François Cholat.