«Le croisement laitier, par l’effet d’hétérosis, permet une amélioration des caractères peu héritables tels que la fertilité ou les caractères liés à la santé, faisant défaut aux races productives », expose l’Institut de l’élevage (Idele).

D’après le bilan des inséminations animales (IA) bovines réalisées en 2020, publié par l’Idele en février dernier, les IA premières (IAP) en croisement laitier représentent 6 % du total des IAP sur femelles laitières. Elles se stabilisent depuis 2018, après un rebond en 2017. « À cette époque, des programmes comme Procross avaient fait parler d’eux, et ont certainement inspiré davantage d’éleveurs à se lancer dans le croisement », explique Sandra Dominique, chargée de projet schémas et programmes de sélection des bovins à l’Idele.

Les vaches croisées d’abord

En 2020, 67 % des inséminations premières en croisement laitier étaient effectuées sur des femelles croisées : 47 % sur des croisées de première génération, et près de 20 % sur des F2 (deux générations de croisement) ou plus. Leur nombre a ainsi progressé de 56 % en dix ans. « On constate notamment une augmentation régulière du nombre de femelles F2. Les éleveurs les gardent et les reproduisent, ce qui était moins fréquent auparavant », précise l’experte.

Viennent ensuite les IAP en croisement laitier sur des mères prim’holsteins (24 %), montbéliardes (5 %), normandes (2 %), pie rouge (1 %) et les autres races (1 %).

Parmi les races de femelles réalisant plus de 1 000 IAP, la pie rouge et la rouge flamande enregistrent de fortes proportions d’insémination première avec un taureau d’une autre race, atteignant respectivement 17 % et 11 %. C’est au contraire une pratique minoritaire sur les mères des trois premières races laitières (prim’holsteins, montbéliardes, normandes), avec chacune environ 2 % des IAP en croisement laitier.

Les taureaux prim’holsteins plébiscités

Du côté des races des taureaux utilisées, des évolutions ont eu lieu sur les dix dernières années. En 2010, plus de 80 % des IAP croisées lait étaient réalisées avec des taureaux prim’holsteins (50 %), montbéliards (20 %) et normands (11 %). En 2020, si les taureaux prim’holsteins sont encore employés dans 40 % des IAP en croisement laitier, le recours aux mâles des races brune, jersiaise, simmental, pie rouge ou encore rouge scandinave s’élève au total à 31 %. « Le développement de l’utilisation de ces races est indéniable et correspond à la baisse de la proportion des taureaux prim’holsteins », analyse l’Idele.

Fait notable, 52 % des IAP pratiquées avec un taureau pie rouge font l’objet d’un croisement laitier. « Croiser cette race avec la prim’holstein peut être avantageux sur les caractères fonctionnels, souligne Sandra Dominique. Aussi, depuis 2009, ce croisement n’implique pas de coder le produit en “croisé” (code race 39). Cela peut donc jouer. »

L’accouplement d’une femelle croisée avec un taureau prim’holstein est en toute logique le plus populaire des croisements laitiers, à hauteur de 35 %. « Mais on note que 40 % des IAP en croisement laitier sont réalisées sous diverses races supports », complète l’Idele.

Vincent Guyot