«L’accompagnement est primordial lorsque l’on introduit un chien de protection dans son troupeau », déclare Marie Marmuse, technicienne à la ferme expérimentale de Carmejane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, où était organisée, le 26 avril, une journée technique ovine.

Une centaine d’éleveurs et techniciens, en plus de nombreux élèves du lycée agricole, sont venus à la pêche aux informations concernant les dernières études sur les chiens de protection, la conduite des agneaux, le parasitisme interne, les boucles électroniques, ou les GPS. La ferme travaille, depuis six ans, avec des chiens de protection, mais l’arrivée de ces nouveaux compagnons de travail ne s’est pas faite sans difficulté. (1)

« La formation devrait être enseignée dans les lycées »

Simon Merveille, le référent de l’Institut de l’élevage, apporte son expertise aux techniciens de la ferme et organise des journées de formation pour les éleveurs ou bergers qui le souhaitent. La conduite d’un chien demande des compétences précises. « Si l’inné (génétique) influence le comportement du chien, l’acquis (son éducation) est au moins aussi important », explique-t-il.

« Aujourd’hui, nos chiens “fonctionnent” bien, indique Marie Marmuse. Nous sommes en rythme de croisière, cependant l’œil extérieur est toujours aussi important. Seuls, nous n’avons pas forcément suffisamment de recul pour juger nos pratiques. L’affect peut aussi troubler notre jugement. La formation à la conduite des chiens de protection devrait, par ailleurs, être enseignée dans les lycées agricoles. »

Pour améliorer les connaissances sur le travail de ces chiens, la ferme conduit aussi des expérimentations. Celle menée en 2021 a montré que les distances moyennes parcourues par les chiens variaient entre 8 et 11 km/j alors que les brebis ne font que 5 à 7 km/j selon les individus. Neuf brebis et cinq chiens de protection étaient équipés de balises GPS pendant deux périodes de suivi d’une dizaine de jours. « Les distances parcourues par les chiens et leur proximité avec le troupeau relevé par les GPS paraissent cohérentes avec le comportement connu des chiens par l’équipe de Carmejane », révèle la technicienne. Certains d’entre eux montrent un plus grand attachement au troupeau tout en accomplissant de longues distances, alors que d’autres adoptent plutôt un rôle de « balayeur » ou « d’éclaireur ».

Éviter les conflits

« Ces données servent, par exemple, à regrouper un chien tenace face à la prédation à un autre moins réactif, ou à réunir des chiens en fonction de leurs affinités pour éviter des conflits, ajoute Simon Merveille. Les informations recueillies peuvent également permettre de ne pas associer un jeune chien à celui qui franchit les parcs pour des escapades nocturnes. »

Ces indications rassurent, en outre, l’éleveur sur la qualité de l’attachement au troupeau du chien qu’il a peu souvent en ligne de mire en raison du contexte (topographique ou floristique) de la zone pâturée. M.-F. Malterre

(1) Lire La France agricole n° 3742 du 06/04/2018, p. 34.