« La présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE) est une opportunité rare, à ne pas rater, pour obtenir des avancées concrètes en matière de réciprocité des normes de productions agricoles dans la politique commerciale », considère Jean-François Guihard (1), président d’Interbev, dans un communiqué publié jeudi 16 décembre 2021.

 

Le 1er janvier 2022, la France prendra en effet la présidence du Conseil de l’UE pour une durée de six mois, jusqu’au 30 juin 2022. Interbev espère que le gouvernement mettra ce temps à profit pour « passer du discours aux actes sur ce sujet ».

 

> Pour en savoir plus, lire : Union européenne, les quatre priorités agricoles de la présidence française (16/12/2021)

Quatre exigences

« Le président de la République a fait de la réciprocité des normes de production agricoles dans la politique commerciale […] une priorité de la présidence française du Conseil de l’UE », rappelle Interbev. Pour les professionnels de la filière de l’élevage et de la viande, cet objectif ne pourra être rempli qu’à certaines conditions.

 

• Si la France a obtenu, avant la fin de sa présidence, l’acte délégué visant à interdire les importations européennes de viandes issues d’animaux « dopés » aux antibiotiques. Cet acte délégué, prévu par le règlement sur les médicaments vétérinaires du 11 décembre 2018, devait, en théorie, être pris par la Commission européenne avant le 28 janvier 2022 ;

 

• Si la France a obtenu le durcissement des exigences européennes en matière de traçabilité des viandes bovines importées, dans le cadre du règlement visant à lutter contre la déforestation importée ;

 

> À lire aussi : Interbev réclame la traçabilité individuelle des viandes importées (17/11/2021)

 

• Si la France a identifié et validé avec ses partenaires les normes européennes de bien-être animal à imposer en « miroir » aux produits importés, dans le cadre de la future initiative législative européenne à ce sujet ;

 

• Si La France a réussi à imposer l’intégration de ces clauses miroirs visant à protéger la santé (antibiotiques activateurs de croissance), l’environnement (traçabilité des bovins pour lutter notamment contre la déforestation) et les animaux dans la conditionnalité tarifaire des accords commerciaux en cours de négociation.

 

Sur ce dernier point, si le gouvernement français ne parvient pas à convaincre ses homologues européens, « la France devra s’opposer à toute nouvelle ouverture de contingents d’importation de viandes bovines », estime Interbev.

 

(1) Jean-François Guihard, artisan boucher à Malestroit dans le Morbihan et président de la Confédération française de la boucherie et boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), a été élu à la présidence d’Interbev le mercredi 8 décembre dernier. Il succède à Dominique Langlois.