« Notre objectif a été pendant pratiquement deux ans de faire prendre conscience à tous les responsables porcins de l’importance de l’arrêt de la castration pour la majorité des éleveurs. […] Nous constatons après la publication de l’arrêté ministériel que c’est un échec total pour tous les éleveurs », déclare l’association « Bien-être porcin », dans un communiqué publié le 14 décembre 2021.

 

Pour le collectif, l’arrêt de la castration permet une économie de 10 € par porc. « Nos responsables ont préféré faire de l’AOP (Association d’organisations de producteurs) l’objectif numéro un du Space alors qu’ils auraient dû exiger l’arrêt de la castration définitif de la majorité des porcs, laissant par le fait toutes les initiatives au ministre dans l’écriture de l’instruction », s’agace l’association.

 

> À lire aussi : Bien-être animal, tout savoir sur la fin de la castration à vif des porcs (19/11/2021)

« Perte de compétitivité »

Jean-Jacques Riou, son président, estime que la « pénibilité et la complexité du travail supplémentaire exigé aux éleveurs » pour réaliser la castration avec anesthésie n’ont pas été suffisamment prises en compte : « Cet échec risque fort de conduire notre filière dans une impasse économique par manque de compétitivité ».

 

L’association craint qu’une diminution de la production porcine française, « laissant à nouveau de la place à la production espagnole ». Car la péninsule ibérique « a toujours fait le choix de ne pas castrer inutilement ses animaux et retrouve depuis quelques années déjà l’économie globale permise par l’élevage de mâles entiers ».

 

> À lire aussi : Quelles alternatives à la castration à vif des porcelets ? (08/12/2021)

« Diktat de l’aval »

L’aval de la filière est aussi montré du doigt : « Dans ce dossier, les abattoirs ont renié toutes les recherches faites par l’Inra et l’Ifip [sur la production de mâles entiers] ainsi que les réalités de nos pays voisins ou d’entreprise d’abattage et de transformation française ».

 

Jean-Jacques Riou lance toutefois une requête aux éleveurs : « Il est important que chacun d’entre nous continue de solliciter tous nos responsables professionnels et de groupement pour continuer le combat et ne pas céder au diktat de l’aval de notre filière ». Un appel qui sonne comme un clap de fin pour l’association « Bien-être porcin », dont la dissolution prévue le 30 décembre 2021.

 

> À lire aussi : Les abatteurs proposent deux centimes supplémentaires pour les porcs castrés (09/12/2021)