« Depuis le pic de mai-juin, le cours du porc (1) entrée abattoirs baisse. En septembre, il perd deux centimes d’euro sur un mois, s’établissant à 1,50 €/kg, contre −9 centimes d’euro dans d’autres pays européens comme l’Espagne et l’Allemagne », rapporte l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note publiée le 29 octobre 2021.

 

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Effet de ciseau

« L’offre porcine augmente en cette saison tandis que la demande chinoise en viande porcine européenne ralentit depuis juin », analyse le ministère. Il en résulte un marché européen « encombré » et une concurrence exacerbée entre pays exportateurs. « En France, en septembre, le cours du porc semble mieux résister à la pression du marché communautaire, avant de baisser fortement en octobre », poursuit Agreste. Au 21 octobre, il s’établissait à 1,39 €/kg.

 

En parallèle, l’effet de ciseau continue de s’exercer dans les élevages. En août 2021, tandis que le cours du porc était inférieur de 6,7 % à la moyenne des cinq dernières années, le prix de l’aliment pour porcins était supérieur de 16,4 % à la valeur moyenne quinquennale.

 

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Recul des abattages

En septembre dernier, les abattages de porcins en France sont en retrait de 1,1 % en nombre de têtes et de 0,9 % en poids, par rapport à septembre 2020. « En poids, ils rejoignent la moyenne sur cinq ans, et restent en deçà en nombre de têtes (−1,2 %) », précise Agreste.

 

Du côté de la demande, un léger mieux est observé. En août 2021, « la consommation globale apparente de viande porcine se redresse », observe le ministère. Elle est supérieure de 2 % à celle d’août 2020, et de 0,6 % à la moyenne des cinq dernières années.

Hausse des échanges

S’agissant des flux commerciaux, en août 2020, « les importations de viande et graisse porcine (hors abats) augmentent de 14,9 % par rapport à un niveau bas en août 2020 ». Les achats auprès de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont progressé, tandis qu’ils reculent en provenance de l’Espagne.

 

Dans le même temps, les exportations progressent de 2,2 % par rapport à août 2020, et de 11 % par rapport à la moyenne sur cinq ans, « tirées par les ventes dynamiques à l’Union européenne (+12,1 %), notamment à l’Espagne et la Pologne. » En revanche, les exportations vers les pays tiers reculent. « Après −7,2 % en juillet, la baisse vers la Chine s’accentue en août (−27,9 %). Les volumes ont diminué de moitié par rapport au début de 2021. »

 

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(1) Cotations du porc charcutier de classe S entrée abattoirs.