« Le plan de filière porté par l’interprofession laitière (Cniel) table sur plus de 60 % des producteurs au niveau du revenu médian des Français en 2025 », rappelle Daniel Perrin, membre du bureau du Cniel, lors d’une conférence organisée le 6 octobre 2021 au Sommet de l’élevage. Dans ce cadre, la maîtrise des charges est un enjeu essentiel.

 

En effet, l’efficacité économique est le principal facteur limitant du revenu par unité de travail annuel (UTA) non salariée dans les exploitations où ce dernier est inférieur à 20 000 €/an, devant la dette, la dimension des fermes ou la productivité du travail. Une marge de progression existe également dans certains élevages dégageant un revenu plus important. L’efficacité économique est définie comme le rapport entre l’EBE (excédent brut d’exploitation) et les produits bruts.

Le coût du système alimentaire en première ligne

Dans les élevages pénalisés par leurs coûts de production, le coût du système alimentaire ressort comme le poste le plus impactant. « Nos systèmes sont globalement plus autonomes qu’en Europe du Nord, mais l’acquisition de cette autonomie a un coût », souligne Christophe Perrot, de l’Institut de l’élevage (Idele). L’économiste fait notamment écho aux frais de mécanisation.

 

Le coût alimentaire de l’atelier laitier comprend différents postes. Pour chacun d’entre eux, Michel Deraedt, du Bureau technique de promotion laitière (BTPL), a donné quelques pistes de réflexion :

  • Réduire les frais d’approvisionnement des surfaces en raisonnant l’apport d’engrais et d’amendements, en augmentant la part des légumineuses dans l’assolement ou en faisant vieillir ses prairies ;
  • Contraindre les frais de mécanisation en déléguant une partie des travaux des champs, en augmentant les surfaces pâturables, en optant pour des techniques culturales sans labour ou en échangeant quelques parcelles avec ses voisins pour limiter les déplacements ;
  • Maîtriser les frais relatifs au foncier, en améliorant la productivité des cultures destinées aux animaux ;
  • Limiter les achats d’aliments extérieurs en valorisant au maximum ce qui est produit sur la ferme, avec des rations bien équilibrées et une conservation optimisée des fourrages et autres récoltes.

« L’idée n’est pas de serrer le budget au maximum, mais de valoriser ses investissements au mieux », résume Michel Deraedt, qui conseille aux producteurs de s’intéresser de plus près au coût de production de leurs fourrages et de participer à des groupes d’éleveurs pour « se comparer » et « progresser ».