D’après les diverses données du contrôle de performances récoltées sur l’année 2019, le lait produit par les prim’holsteins françaises affiche en moyenne un taux butyreux (TB) de 41,3 g/l et un taux protéique (TP) de 33,1 g/l. Dans l’élevage d’André et Hubert Marais, à Agonges dans l’Allier, le TB s’élève à 44,7 g/l et le TP à 34,4 g/l sur les dix premiers mois de l’année 2020. Le taux de matière utile du lait collecté frôle ainsi les 80 g/l. Un résultat comparable à celui réalisé en race normande ou brune. Le tout avec une productivité proche des 10 000 kg par tête.

 

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Sélection

« Nous avons toujours eu des taux élevés sur le Gaec, se rappelle l’éleveur. C’était même un handicap dans les années 1990 avec les quotas sur la matière grasse. » Mais la donne a bien changé depuis. D’autant que l’exploitation est collectée par la laiterie Rians, spécialisée dans la production de desserts lactés gourmands en matière grasse (lire l’encadré). « On ne produit pas du lait pour que le camion de collecte reparte rempli d’eau ! », sourit André.

Au niveau de la sélection, l’éleveur ne vise pas forcément des taureaux excellents en taux, « puisque le niveau est déjà bon ». Si l’accent est donné sur la mamelle, les fonctionnels et les cellules, les taureaux sélectionnés doivent tout de même être positifs sur les taux, « quitte à avoir quelques lacunes sur la productivité ».

En complément, toutes les génisses sont génotypées depuis près de quatre ans. « On a commencé à le faire pour choisir les génisses de renouvellement et celles à vendre, mais le marché n’est plus porteur aujourd’hui, indique André Marais. Nous avons continué le génotypage pour faire prospérer les meilleures lignées, avec de la semence sexée. » Néanmoins, des index de taux un peu faibles ne sont pas éliminatoires car « on peut y travailler », assure l’éleveur. Le coût du génotypage est de 40 € par tête. « Je n’ai pas chiffré le retour sur investissement, mais on gagne beaucoup de temps sur la sélection », souligne-t-il.

Faire fonctionner la panse

Pour autant, le potentiel génétique ne fait pas tout. Encore faut-il pouvoir en tirer le meilleur parti. D’après le bilan génétique de l’élevage, l’effet troupeau est largement positif sur les taux : + 3,1 g/l pour le TB et + 0,9 g/l pour le TP. La conduite des laitières permet donc une bonne expression du potentiel génétique.

 

 

Sur l’alimentation, l’objectif de l’éleveur est clair : « Pour avoir une vache en bonne santé et de bons taux, il faut une bonne digestion. Tout est lié. » Ainsi, le foin de luzerne aide au bon fonctionnement de la panse, tandis que le mélange d’ensilages d’herbe et de maïs limite les risques d’acidose. André accorde également une attention toute particulière aux transitions alimentaires. « On garde toujours un fond d’auge sur la saison de pâturage pour ne pas perturber le rumen », explique-t-il.

En parallèle, les vaches sont complémentées au Dac « pour éviter le gaspillage et surveiller les niveaux d’ingestion ». Dernière évolution en date, l’incorporation de betteraves fourragères dans la ration. « C’est un aliment riche en sucre, une source d’énergie rapidement disponible et très appétante », note l’éleveur. La betterave est distribuée sur les mois d’hiver, ce qui « permet de gagner jusqu’à 2 points de TB ».

Mais cette année, la jaunisse, les pucerons et la météo n’ont pas fait de cadeau à l’éleveur : le rendement n’excède pas les 15 tonnes/ha. Dans le bâtiment, en période de stress thermique, l’éleveur explique avoir « logiquement des chutes de taux », mais dont « l’impact a été fortement limité cette année avec l’installation de ventilateurs horizontaux dans l’étable ». Enfin, au pâturage, la gestion des fortes températures se complique car « les sécheresses à répétition tuent les arbres », s’inquiète André.

Alexandra Courty