Pour Gérard Dubuc, maire de du village de Saint-Lary, l’incident qui s’est déroulée dans les hauteurs de sa commune est une première. En effet, à sa connaissance aucun berger n’a jamais été attqué par un ours depuis que le programme de réintroduction de l’ours brun a été engagé dans les années 1990. Le maire de la commune a porté plainte.

 

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Un ours « en furie »

Selon lui les faits se sont produits vers 01h00 dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 août 2021, près de la cabane de montagne d’un berger « expérimenté », d’une soixantaine d’années, sur l’estive de l’Estremaille, à 2.000 mètres d’altitude, dans les Pyrénées. « Le troupeau était regroupé à peu près à 50 mètres de la cabane […], détaille l’élu. Le berger a entendu du bruit et des mouvements près de la cabane. Il est sorti pour voir ce qui se passait ».

 

« L’ours a laissé les brebis qu’il poursuivait et a chargé en direction du berger, raconte le maire. Heureusement pas très loin de la cabane, il a eu le temps de rentrer et de refermer la porte ». Gérard Leduc affirme que l’ours était « en furie, en pleine « prédation »».

 

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Les opposants à l’ours réclament l’abattage des ours agressifs.

« C’est le quotidien des bergers aujourd’hui. La situation est catastrophique. Il faut que l’État prenne des décisions drastiques », a réagi Alain Servat, président de la Fédération pastorale de l’Ariège (FPA).

 

De part et d’autre des Pyrénées, la présence de l’ours est décriée, notamment par les éleveurs qui déplorent de nombreuses prédations de brebis. L’ours des Pyrénées étant menacé d’extinction, la France a engagé dans les années 1990 un programme de réintroduction d’ours venant de Slovénie.

 

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La plupart des ours vivent dans la partie centrale du massif

Selon l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (ASPAP), 55 brebis ont été retrouvées mortes cette semaine dans une estive, à la suite d’un dérochement, le terme employé par les éleveurs pour décrire des chutes mortelles de brebis depuis une falaise, sous la menace d’un ours.

 

En avril, environ 250 éleveurs des Hautes-Pyrénées ont manifesté dans le village d’Arreau, après trois attaques d’ours contre des troupeaux en l’espace de dix jours. La préfecture des Hautes-Pyrénées avait alors déclenché le protocole « ours à problèmes », qui autorise les tirs de balles en plastique dans l’arrière-train de l’animal, suivi de détonations, afin de l’effrayer.

 

En 2020, trois ours ont été tués illégalement dans les Pyrénées, deux en Espagne et un en France. Les associations pro-ours réclament de leur côté le remplacement de ces trois ours et de nouveaux lâchers, pour assurer la pérennité de la présence de l’espèce dans les montagnes pyrénéennes. Il y en a environ une soixante dans le massif.

 

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