En 2019, le Gaec de Fabrèges a été confronté à une chute inexpliquée de la production de lait. « Avec une ration établie pour 30 kg/j, nos vaches ne produisaient plus que 19 kg/j ! Nous avons d’abord pensé que cela provenait d’un ensilage d’herbe de moindre qualité cette année-là. Nous avons acheté différents aliments pour corriger la ration, sans succès », raconte Éric Forestier, qui élève avec Jérôme Delmas 65 montbéliardes sur 203 ha à Chirac, en Lozère.

Baisse de production

Ils ont alors décidé de faire appel à Florence Hervé-Marty, une géobiologue rencontrée lors d’une journée de formation organisée par le GIEE Challenge lait et la chambre d’agriculture de Lozère. Celle-ci est s’est déplacée deux fois, en décembre 2019 puis en février 2021, afin de cerner les problèmes magnétiques et électriques qui pouvaient perturber les vaches. Elle a trouvé cinq failles qui passaient sous la stabulation. Pour réduire leur impact, elle a placé des corrections aux endroits où ces failles entraient et sortaient du bâtiment. « L’une d’elles passait sous un abreuvoir peu fréquenté par les vaches. Nous l’avons déplacé de trois mètres et le problème a été résolu », rapporte Éric.

 

Mauvaise prise de terre

Dans le tunnel abritant les génisses, un poste branché sur le secteur alimentait deux fils partageant l’aire en trois. « La prise de terre ne fonctionnait pas correctement, ça créait des courants vagabonds. Nous avons remplacé ces fils par des barrières et coupé le poste. Depuis, les génisses expriment mieux leurs chaleurs. Nous les inséminons sans souci. »

Dans la stabulation, la géobiologue a repéré que du courant s’évacuait par le rail des racleurs au lieu de rejoindre la prise de terre. « Quand les vaches viennent boire à l’abreuvoir, cela crée des courants parasites qui les gênent », note l’exploitant. Depuis, en attendant de mieux positionner cette prise de terre, il débranche le racleur la nuit pour éviter ce problème.

Toutes ces interventions ont amélioré la santé du troupeau. « Nos frais vétérinaires ont été divisés par deux entre 2019 et 2020, et ils continuent à diminuer en 2021. Nous avons moins de fièvres de lait et de diarrhées sur les veaux. »

La suppression des perturbations a également agit sur la production de lait. « Après les premières corrections, les fraîches vêlées ont tout de suite produit 10 kg/j de plus. Il en a été de même pour les autres vaches au fur et à mesure qu’elles vê­laient », souligne l’éleveur. D’autres changements ont renforcé cet effet positif. « Nous avons traité nos vaches contre le paramphistome et intégré des pommes de terre dans la ration. » Aujourd’hui, la facture de lait a retrouvé un bien meilleur niveau qu’il y a deux ans. « Il nous faudra du temps pour redresser la barre sur le plan économique. Mais la situation évolue dans le bon sens et nous avons repris confiance ! »

Frédérique Ehrhard