« Nous traversons une période de forte inflation, appuie Benoît Rouyer, économiste au sein de l’interprofession laitière (Cniel), dans sa vidéo de conjoncture mensuelle. Les tensions géopolitiques devraient malheureusement renforcer cette tendance inflationniste au cours des prochains mois, sans qu’il n’y ait de grande visibilité sur la durée et l’intensité de cette période. »

 

Par conséquent, les charges augmentent « de façon importante » dans les élevages laitiers. L’indicateur Ipampa lait de vache, de l’Institut de l’élevage, a bondi de 19 % en l’espace d’un an. Le secteur de l’amont n’est pas épargné. « Les activités de collecte, de transformation et de distribution sont affectées par la hausse du prix du gaz et du gazole mais aussi par la hausse du prix des emballages », souligne l’économiste.

Ingrédients laitiers bien valorisés

Heureusement pour la filière, l’inflation touche également le marché des produits laitiers industriels. Les cotations du beurre et de la poudre maigre atteignent actuellement des niveaux « très élevés », respectivement 6 800 € (+70 % par rapport à 2021) et 4 000 € la tonne (+55 %). Un phénomène à mettre en lien avec « l’évolution peu dynamique de la production laitière dans les principaux bassins exportateurs mondiaux ».

 

Si le beurre poursuit sa progression, le prix de la poudre de lait écrémé a perdu 350 € la tonne sur un mois. « Les poudres de lait, dont la Chine est le principal importateur mondial, pâtissent de la paralysie de certains ports chinois », indique Benoît Rouyer.

 

Le prix des produits laitiers vendus en magasins sont aussi orientés à la hausse : +2 à 5 % sur un an, selon les familles de produits laitiers.

 

De quoi soutenir le prix du lait payé aux éleveurs, sans pour autant sauver les marges. D’après FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel s’élève à 395 €/1 000 litres en mars, soit une hausse de 73 €/1 000 litres sur un an.