Les enjeux environnementaux sont au cœur des ambitions de la filière ovine française. La France participe au programme Green Sheep avec l’Irlande, l’Espagne, l’Italie et la Roumanie. « L’objectif est de réduire de 12 % l’empreinte carbone de la viande ovine et du lait de brebis, d’ici à dix ans, tout en assurant la durabilité des exploitations », déclarait Sindy Throude, de l’Institut de l’élevage. C’était le 12 mai 2022 lors de la journée Grand angle ovin organisé par l’Institut de l’élevage à Paris.

 

La France et l’Irlande sont en avance sur les trois autres pays. En France et en Irlande, l’élevage ovin est en train d’emboîter le pas des productions bovines pour évaluer et améliorer leur empreinte carbone.

L’Irlande anticipe

L’Irlande, qui exporte 90 % de la viande ovine et bovine qu’elle produit est particulièrement à l’affût pour mettre en place ces stratégies environnementales. « Il s’agit d’anticiper la demande des grands groupes comme McDonald’s », déclare Germain Milet, spécialiste du marché des viandes pour Bord Bia, l’agence du ministère irlandais de l’Agriculture en charge de la promotion des produits agroalimentaires dans le monde.

 

« Ces entreprises ont toutes un programme RSE (responsabilité sociétale des entreprises), poursuit-il. Celui-ci prend en compte à la fois leurs propres émissions de carbone, mais aussi celles induites par le transport et celles de leurs fournisseurs. »

 

Ainsi, le programme Origin Green a été créé en Irlande en 2012. Il concerne toutes les filières. Son objectif est l’amélioration agroalimentaire en termes de qualité et de durabilité et de respect des personnes. « Ce n’est pas une contrainte pour les élevages », ajoute Germain Milet.

 

Depuis l’année dernière, les exploitations les plus performantes sont mises en avant. Les élevages de vaches laitières, comme en France, sont en avance par rapport aux exploitations ovines. Selon le rapport 2021 d’Origin Green, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) par litre de lait produit ont baissé de 6 % entre 2013 et 2019.

 

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Les diagnostics se développent en France

En France, les diagnostics environnementaux Cap’2ER sont en cours de déploiement en élevage ovin. L’indicateur tient compte à la fois des émissions de carbone et du stockage de carbone. Les résultats sont très variables d’une exploitation à l’autre.

 

« Il n’y a pas un système plus vertueux qu’un autre, souligne Sindy Throude. Il y a des marges de progrès au sein de chaque système. Les résultats techniques reflètent une meilleure efficience pour les élevages à bas carbone. La valorisation de l’herbe est le maître mot pour le stockage du carbone. »

 

« Il sera important d’harmoniser les bases de calcul de l’impact environnemental entre les pays », a aussi souligné Brigitte Singla, présidente du comité de filière pour les ovins de l’Institut de l’élevage qui conduisait le débat.

 

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Valorisation du pâturage

En ce qui concerne le pâturage, les ovins ont un atout puisqu’ils valorisent de plus en plus les surfaces additionnelles comme les vergers, les vignes ou des surfaces communales. « L’herbe pâturée à l’automne est de qualité, a précisé Carole Jousseins, de l’Institut de l’élevage. Lorsque les animaux passent plus de temps dehors, c’est aussi moins de temps de travail. Et qui dit moins de temps passé en bâtiment, dit moins de besoins en paille, moins de temps pour curer, épandre… »

 

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La mise en place de cette pratique demande réflexion. La distance à parcourir pour profiter de cette ressource est par exemple déterminante. La filière ovine continue aussi de mobiliser d’autres leviers comme l’amélioration de la génétique des animaux. Le projet Smarter par exemple s’attache à développer et à déployer des stratégies innovantes pour améliorer les traits liés à la résilience et à l’efficacité chez les ovins et les caprins.