« Il y a urgence à arbitrer les dépenses collectives pour assurer le financement des achats alimentaires et la continuité de la restauration hors domicile (RHD) dans la trajectoire de progrès voulue par les pouvoirs publics », interpelle l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) dans une lettre adressée au ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, le 6 avril 2022.

 

Pour répondre aux objectifs ambitieux fixés par les lois Egalim et Climat et Résilience (1), Interbev demande à Bercy de revaloriser le budget de la commande publique alloué au poste alimentation. « Aujourd’hui, la France est en capacité de fournir cette viande bovine de qualité plébiscitée par les pouvoirs publics, mais cela passera nécessairement par un prix rémunérateur pour l’ensemble des maillons de la filière », souligne l’interprofession.

 

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Circonstances aggravantes

La revalorisation des budgets est souhaitée d’autant plus que la filière de la RHD subit « de plein fouet » la flambée des prix. « L’inflation est une circonstance aggravante aux conséquences désastreuses pour des budgets de restauration déjà fortement mis sous pression par les exigences de montée en gamme des produits proposés », explique Interbev.

 

L’interprofession appelle les pouvoirs publics et les élus décisionnaires des budgets alloués à agir en faveur de la relocalisation des apports, tout particulièrement dans la restauration collective. Elle alerte sur les difficultés d’approvisionnement alimentaire qui fragilisent actuellement tout le secteur.

Toujours plus de charges supportées par chaque maillon

« La situation est intenable pour l’ensemble de la filière RHD, de la production agricole à la restauration, en passant par les transformateurs et les grossistes », interpelle Interbev. La hausse des coûts des charges (aliment du bétail, énergie, emballages…) endossée par chaque maillon depuis le second semestre de 2021 n’a fait que s’amplifier depuis le début de la guerre en Ukraine.

 

« Les tensions qui s’exacerbent actuellement sur le gaz et les hydrocarbures ont les impacts les plus lourds et les plus directs sur les différents maillons des filières des ruminants », estime Interbev. « Les perturbations générées par le conflit sur les marchés mondiaux des céréales et des engrais peuvent impacter rapidement l’économie générale des filières », prévient-elle.

(1) Pour rappel, ces deux lois fixent les objectifs suivant : 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique au 1er janvier 2022 (loi EGAlim) ; 60 % de produits durables et de qualité pour les viandes et poissons au 1er janvier 2024 (loi Climat et Résilience), avec un taux porté à 100 % pour la restauration collective de l’État.