Dans un communiqué de presse paru le 11 avril 2022, le CNPO (Interprofession française des œufs et des ovoproduits) s’inquiète des difficultés tarifaires de la filière avec la restauration collective publique. Il réclame une revalorisation des prix, dans un contexte de grippe aviaire en France et de guerre en Ukraine.

 

« Face à des hausses de coûts de production sans précédent et la diminution des volumes, les professionnels des ovoproduits en appellent à des revalorisations tarifaires urgentes et significatives de la part des acheteurs publics de la restauration collective en gestion directe », soutient le CNPO.

 

Selon l’interprofession, le régime actuel des achats pour la restauration collective ne permet pas de compenser la flambée des prix des matières premières et la hausse des autres coûts de production.

Deux mesures d’urgence pour supporter la crise

La restauration collective étant le premier débouché des ovoproduits commercialisés en restauration hors domicile (RHD), le CNPO souhaite la mise en place de deux mesures d’urgence pour permettre une revalorisation des tarifs et ainsi « continuer à assurer l’approvisionnement des restaurants collectifs » :

  • Aménager les conditions d’exécution des marchés publics afin que les acheteurs de la restauration collective puissent revaloriser le prix des ovoproduits achetés par les marchés publics ;
  • Augmenter de façon pérenne le budget alloué par l’État et les collectivités pour l’achat des denrées alimentaires et des prestations de la restauration collective.

 

Pour le CNPO, « seule une augmentation pérenne de ces budgets permettra d’assurer un approvisionnement d’œufs et d’ovoproduits en quantité et en qualité suffisantes, et répondre ainsi aux objectifs de la loi Egalim 1 (50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de bio) ».

 

« Malgré l’indispensable revalorisation pour tenir compte des coûts de production, l’œuf demeurera la protéine animale la moins chère du marché. L’œuf a toute sa place sur les tables de la restauration collective et mérite d’être soutenu dans le cadre des marchés publics », ajoute-t-elle.

Une flambée record des coûts de production

Le conflit qui sévit en Ukraine a entraîné une augmentation importante du prix des matières premières agricoles. « Déjà fragilisée par une hausse continue de plus de 40 % sur les 18 derniers mois de l’indice des coûts de l’aliment des poules pondeuses, l’Itavi (1) anticipe une nouvelle hausse d’au moins 40 % en 3 mois », indique le CNPO.

 

Selon l’interprofession, cette nouvelle hausse, qui risque de s’inscrire dans la durée, menace l’approvisionnement en matières premières (tournesol, colza, soja…) et en engrais azotés des pays producteurs. Le conflit ukrainien accentue aussi la flambée des autres intrants comme l’énergie ou le transport.

 

« Le coût de production des œufs et ovoproduits va ainsi atteindre des niveaux records dans les prochaines semaines », prévoit le CNPO.

 

20 % de la production d’œufs français concernée par l’épizootie d’influenza aviaire

En plus de cette situation internationale de crise vient s’ajouter une nouvelle épizootie d’influenza aviaire dans la Région Pays de la Loire depuis à la fin de février. La propagation rapide du virus intervient pour la première fois dans une région qui regroupe près de 20 % de la production nationale d’œufs.

 

« À la fin de mars, plus de 3 millions de poules pondeuses avaient déjà été abattues en France, ce qui représente 2,5 millions d’œufs par jour, soit 6 % de la production Française. », indique le CNPO.

 

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Pour la filière, « la tension sur le marché et la réduction de l’offre se font déjà sentir et engendrent des ruptures d’approvisionnement, alors qu’au niveau européen, ce sont plus de 16 millions de poules pondeuses qui ont été abattues depuis cet hiver ».

(1) Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole.