Six ans après les derniers cas détectés en élevage dans le département, la grippe aviaire est de retour en Dordogne. Après Saint-Geniès, le 2 avril 2022, deux élevages de canards et un de poulets ont été dépeuplés le dimanche 3 avril, par les services vétérinaires dans les communes de Val-de-Louyre et Caudeau.

 

Des analyses sont en cours pour des cas suspects sur deux autres exploitations. Le 4 avril, les acteurs de la filière, surpris par la rapidité des contaminations, se sont réunis en cellule de crise. Une délégation a été reçue en préfecture. En Dordogne, la filière pèse 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et représente 700 producteurs dont 300 indépendants.

 

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Création d’une zone à risque spécifique

Parmi les options envisagées, un nouvel arrêté préfectoral permettrait d’établir un zonage autour des élevages contaminés, considérés comme des zones à risque spécifique. Ce zonage s’appliquerait pour une durée de 8 jours.

 

« L’objectif serait de “dépeupler” le plus vite possible ces exploitations situées dans un secteur de 3 à 20 km autour de Val-de-Louyre, Caudeau et Saint-Geniès, ajoute Yannick Frances, élu responsable du pôle élevage à la chambre d’agriculture. C’est là que les premiers foyers ont été détectés. »

 

« Ne seraient autorisés à sortir que les animaux destinés à être abattus dans un but de commercialisation, afin de limiter les mouvements, détaille Pierre-Henri Chanquoi, élu à la chambre d’agriculture. L’abattage n’interviendrait que dans ce périmètre. Cela implique de travailler avec nos abattoirs de proximité, mais nous ne sommes pas prêts. »

« On n’a guère le choix »

Les animaux situés à moins de 1 kilomètre d’un foyer seront abattus sur place. Dans les zones comprises entre 1 et 3 kilomètres, un dépeuplement des élevages de canards est prévu. Lors de sa réunion à la préfecture, la profession a insisté sur le volet des indemnisations et la nécessité d’un accompagnement psychologique pour les exploitants touchés avec la MSA.

 

« On n’a guère le choix, reprend Yannick Frances. Pour les petits producteurs indépendants c’est la saison estivale qui est en jeu. Pour la filière longue, plus les bâtiments resteront vides longtemps, plus la fin de l’année sera impactée. »