La crise des matières premières sévit depuis plus d’un an. Les récentes tensions géopolitiques n’en font qu’accroître l’ampleur. « Nous traversons actuellement une période de forte inflation, inédite depuis 15 ans », souligne Benoît Rouyer, économiste au sein de l’interprofession laitière (Cniel), dans sa vidéo de conjoncture mensuelle.

 

Dans les élevages laitiers, les charges continuent de grimper. « L’indice général Ipampa lait de vache de l’Institut de l’élevage a progressé de 13 % en l’espace d’un an », rapporte l’économiste.

 

L’aval de la filière n’est pas épargné. « Les activités de collecte, de transformation et de distribution sont affectées par la hausse du prix du gaz et du gasoil, mais aussi par l’augmentation du prix des emballages », de l’ordre de +12 % pour le plastique et +18 % pour les cartons, en un an.

Marges incertaines

Le marché des produits laitiers industriels traverse également une période « exceptionnelle. » Dans le bon sens cette fois. « En l’espace d’un an, les prix de la poudre maigre et du beurre ont respectivement augmenté de 1 600 € la tonne et de 2 200 € la tonne » (+60 % dans les deux cas), informe Benoît Rouyer.

 

Sur le marché intérieur en revanche, « les prix des produits laitiers dans les magasins ont relativement peu évolué ».

 

Le prix standard du lait de vache conventionnel est en progression : +16 % sur un an à 376 €/1 000 litres en janvier.

 

Dans ce contexte particulier, l’équilibre est fragile, et les trésoreries parfois malmenées. « Les acteurs économiques des différents maillons de la filière se trouvent exposés à des perspectives de forte hausse de leurs charges, sans certitude que la revalorisation de leurs produits soit comparable et leur permette de maintenir leur niveau de marge », conclut Benoît Rouyer.