La recherche et développement autour de la résilience des systèmes fourragers et des élevages de ruminants est florissante. Néanmoins, « la diversité des intervenants et des modalités de leurs partenariats répondant à de multiples offres de financement ne permet pas de disposer de vision d’ensemble sur ces travaux, ni d’assurer une coordination de tous les projets », estime le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), dans un rapport publié le 21 mars 2022, à la demande du ministère de l’Agriculture.

 

« La réaffirmation des principes de l’adaptation [climatique] apparaît souvent redondante, alors que l’intérêt de nombreux travaux réside dans leur participation au transfert et à la diffusion des leviers dans les exploitations. » Partant de ce constat, le CGAAER a formulé sept propositions pour harmoniser et ramener les connaissances dans les cours de ferme.

Se rapprocher des élevages

Première proposition, « organiser un suivi permanent de l’adaptation au changement climatique » aux échelles territoriales « pertinentes », sous la houlette d’un « coordinateur » ministériel. Dans ce cadre, la suppression de freins réglementaires à l’adaptation pourrait être envisagée.

 

Seconde proposition, « faciliter » et « intensifier » les opérations « œuvrant à la transmission des démarches d’adaptation » dans les élevages. À l’installation, cela pourrait prendre la forme d’un « audit stratégique agroclimatique » (proposition 3). Au lancement d’un projet d’adaptation, le CGAAER évoque une prise en charge au moins partielle de la « prestation de conseil de stratégie climatique », des investissements nécessaires et des « pertes de revenu inhérents à la transition » (proposition 4).

Coordonner les actions locales et nationales

Les cinquième et sixième propositions du Conseil touchent à la coopération des différents acteurs sur le terrain. Les directions régionales, les établissements d’enseignement ou encore les Chambres d’agriculture sont appelés à travailler de concert « sur les différentes voies susceptibles d’amplifier l’émergence de coopérations entre exploitations ou territoires. » Le CGAAER évoque également la « structuration d’une offre de services environnementaux » au moyen de PSE.

 

Enfin, puisque les projets d’installation se préparent dès les bancs de l’école, la dernière proposition du CGAAER souhaite mobiliser davantage le maillon de l’enseignement « sur l’objectif d’adaptation, particulièrement pertinent en matière de systèmes fourragers. » L’organisation d’événements spécifiques et la mise en place de partenariats avec des instituts techniques et de recherche sont suggérées. L’objectif étant de « dynamiser la communication du monde agricole et montrer l’ampleur de ses efforts ».