Rendre obligatoire la contractualisation des agriculteurs avec leurs premiers acheteurs : tel est le cadre fixé par la loi Egalim 2, en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Or en l’absence de contrat signé à cette date, certaines laiteries « agitent le chiffon rouge de potentielles sanctions » à l’égard de leurs producteurs, rapporte France OP Lait, dans un communiqué publié le 11 janvier 2022.

 

La Fédération observe qu’il s’agit d’un moyen de « mettre la pression sur des producteurs qui ont jusqu’à présent fait le choix de rester dans une relation individuelle ». Elle s’agace qu’en parallèle, cela ne « dérange pas » certains industriels de « faire durer en toute impunité depuis des mois, voire des années, la négociation avec des organisations de producteurs (OP) et d’acheter du lait sans contrat écrit aux producteurs adhérents de ces mêmes OP au 1er janvier 2022. »

 

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« Nivellement par le bas »

Pour France OP Lait, la contractualisation écrite individuelle constitue « un nivellement par le bas pour les producteurs » mais « une aubaine pour les industriels ». La Fédération considère que ne pas faire partie d’une OP fait « indubitablement le jeu des industriels » et s’inquiète, au passage, de « la promotion de contractualisation individuelle dans la filière de la viande bovine ».

 

Sans surprise, France OP Lait appelle à « ne pas céder aux pressions des industriels pour signer un contrat et à faire le choix de l’adhésion à une OP ». Et de souligner que « ramener certains producteurs vers l’organisation économique » est la « seule alternative pour inverser le rapport de force ». « Plus les producteurs seront nombreux à adhérer aux OP, plus celles-ci pèseront dans les négociations », insiste France OP Lait.

 

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